«La revanche des moches»: Léa Clermont-Dion lance son premier livre sur le culte de la beauté (ENTREVUE)

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LEA CLERMONT DION
Agence QMI
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Léa Clermont-Dion fait son coming out officiel à 22 ans, dix ans après avoir souffert d'anorexie. Elle entraîne toute une panoplie de personnalités dans cette dénonciation des standards de beauté irréalistes qui rendent le commun des mortels... moche.

Parle-moi un peu du titre de ton premier livre, La revanche des moches. Est-ce ta façon de faire un doigt d’honneur à l’industrie de la beauté ?

Oui, c'est un doigt d'honneur à l'industrie de la beauté, parce qu’il faut mettre ses limites. Notre perception de nous-mêmes est clairement influencée par des critères de beauté, critères qui sont très souvent inatteignables. Mais ce n'était pas mon intention à la base, de faire un doigt d'honneur. C'était de demander: «Est-ce que nous sommes obsédés par la beauté? Est-ce que nous sommes obsédés par les critères de beauté? Et comment cette industrie-là nous asservit-elle?»

La revanche des moches, par rapport à l'industrie, c'est de dire: «Woah, c'est assez». Y'a des limites à ce culte-là. J'ai vu tellement de gens se rendre malades à cause de ces critères inatteignables. Et l'industrie? C’est payant pour eux! Mais la beauté parfaite, ça n'existe pas. Moi, ça me frustre. Ça rapporte à quelqu'un, tout ça. Et ça me rend folle.

Tu as recueilli les témoignages, mais aussi les points de vue de dizaines d’hommes et de femmes. Qui t’a le plus marquée?

Bianca Gervais. Je l'ai rencontrée au début de mon processus d’écriture, il y a trois ans, puis je l'ai rencontrée à la fin de ma quête.Elle a fait un cheminement extraordinaire sur la perception de soi. C'est une enfant actrice qui a évolué sous les projecteurs, qui a évolué au petit écran et qui a voulu plaire à tout prix pendant tout ce temps. Un beau jour, elle a pris sa revanche, s'est coupée les cheveux, a dit «fuck you all, je vais être qui je suis». Là, elle est enceinte, et ça a complètement changé son rapport avec son corps.

Pourquoi avoir dédié ce livre à Nelly Arcan, entre autres?

Parce qu'elle est l'incarnation même de la fille obsédée par son corps, mais aliénée. Elle n'existait qu'à travers sa représentation, à travers ce que les autres voyaient d'elle, percevaient d’elle. Nelly a brisé des tabous. Je l'admire d'avoir fait ça. Je n'aurais peut-être pas écrit La revanche des moches si je n'avais pas lu ses livres.

Cet essai est-il en quelque sorte l’aboutissement d’une quête personnelle?

Avec la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée, je suis arrivée avec des prémisses qui ont suscité une réflexion. J'ai, en quelque sorte, fait le chemin à l'envers en posant ces questions par après. Au départ, mon essai était une enquête; c'est devenu une quête personnelle.

Après la Charte, des photoreportages, un court-métrage et un essai… que reste-t-il sur ta to do list des prochaines années?

J'aimerais réaliser un long-métrage! Un documentaire. Écrire plein d'autres livres d'ici 25 ans. Je vais écrire La revanche des moches, version française. J'aimerais interviewer Karl Lagerfeld, Catherine Deneuve, tous ces gens-là... et j'aimerais écrire La revanche des Y, sur toute la question de la pérennité, ce qu'on veut laisser à la nouvelle génération.

Il va y avoir une suite avec l'idée de la revanche. J'aime ça, faire des majeurs levés aux gens. Mais gentiment, là.

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