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La CIA aurait menti au gouvernement américain sur ses méthodes d'interrogatoire

01/04/2014 10:00 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

La CIA aurait induit en erreur le gouvernement américain à plusieurs reprises sur la sévérité et l'efficacité de ses méthodes d'interrogatoire, selon un rapport de la commission de Renseignement du Sénat américain sur les renseignements dévoilé par le Washington Post.

L'agence de renseignement américaine aurait plaidé au Département de la Justice et au Congrès que l'utilisation de techniques d'interrogatoires controversées était nécessaire pour obtenir des informations que les suspects ne divulgueraient pas autrement.

La CIA affirmait que ces renseignements permettraient de « sauver des milliers de vies ». Or, selon le rapport du Sénat, qui totalise 6300 pages, ces arguments ne sont pas fondés.

En fait, l'agence continuait d'utiliser ces méthodes d'interrogatoire musclées s'apparentant à la torture même lorsque les suspects n'avaient plus de renseignements à donner. Entre autres, les agents de la CIA plongeaient les présumés terroristes dans de l'eau glacée ou frappaient leurs têtes sur les murs afin d'obtenir de l'information.

La peur du terrorisme

Ces nouvelles techniques d'interrogatoire avaient été introduites par l'administration de l'ancien président républicain George Bush, quelques mois après les attentats du 11 septembre 2001. À cette époque, les Américains craignaient une seconde attaque terroriste.

La CIA a arrêté et détenu dans des « sites noirs », les prisons secrètes, des dizaines de prisonniers soupçonnés d'avoir des liens avec Al-Qaïda. Les techniques violentes de la CIA avaient été révélées en 2009 et condamnées par le nouveau président de l'époque, Barack Obama. 

La sénatrice démocrate Dianne Feinstein, présidente du Comité du Sénat sur le renseignement, avait déjà déploré que les méthodes controversées de la CIA n'aient pas été utiles dans la traque contre Oussama ben Laden, assassiné par l'armée américaine en 2011.

La CIA n'a pas voulu commenter le rapport puisqu'elle ne l'a pas encore consulté.

Toutefois, des agents de la CIA interrogés par le Washington Post avancent que le rapport du Sénat contiendrait des erreurs factuelles importantes.  

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