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Jour 28: Un possible financement illégal du PQ met Marois sur la défensive

01/04/2014 12:40 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - La question du financement des partis politiques est revenue hanter la chef péquiste Pauline Marois, mardi, alors qu'elle a dû s'expliquer sur des allégations de possibles contributions illégales impliquant son époux, Claude Blanchet.

En ce 28e jour de campagne, avec seulement quelques jours restant avant le scrutin, Mme Marois, habituellement à l'attaque sur ces questions, s'est retrouvée sur la défensive, à la suite d'un reportage de la veille diffusé par Radio-Canada. Ses rivaux, cherchant à parler d'autre chose, ont réagi avec modération à ces allégations.

Conclusion de Mme Marois: quelqu'un tente de saboter la campagne du Parti québécois pour favoriser le retour au pouvoir du Parti libéral du Québec.

Le reportage révélait qu'un homme d'affaires a affirmé, dans une déclaration sous serment, avoir été sollicité par M. Blanchet pour verser des contributions politiques totalisant 25 000 $ en 2007, dont certaines faites grâce à la collaboration de prête-noms, un geste illégal. Les sommes devaient servir à financer la campagne au leadership qui finalement n'a pas eu lieu, Mme Marois n'ayant eu aucun adversaire à la suite de la démission d'André Boisclair.

La chef péquiste a nié catégoriquement ces allégations, mardi matin, alors qu'elle faisait un point de presse destiné à énumérer ses engagements envers les aînés.

Elle a estimé qu'une vengeance personnelle devait être à l'origine du reportage. L'homme d'affaires, dont l'identité n'a pas été dévoilée, aurait agi ainsi pour se venger et stopper le ménage dans la corruption des moeurs électorales fait par son gouvernement.

À Montréal, le chef libéral Philippe Couillard a réagi de façon posée au contenu du reportage, en disant que le mari de Pauline Marois devait répondre aux questions soulevées à son endroit en matière de financement politique.

«Je n'assume pas la culpabilité de qui que ce soit, a affirmé le chef libéral, à Montréal, en marge d'une conférence devant la Chambre de commerce. Je fais juste remarquer la discordance entre ce qu'on a entendu et les prétendues déclarations de pureté du Parti québécois (PQ) depuis deux ou trois ans.»

Puis, il a laissé tomber que le «foulard blanc» du PQ était «singulièrement taché, troué même», en référence au fait que Mme Marois avait défilé devant le parlement avec plusieurs autres élus de différentes formations réclamant une enquête publique sur la corruption en 2010. Tous portaient alors un foulard blanc, en guise de pureté.

Plus tard, à Drummondville, pour prouver qu'elle n'avait rien à cacher quant au financement de son parti, Mme Marois a dit que lorsqu'elle était dans l'opposition, elle n'avait jamais hésité à se lever «des dizaines de fois à l'Assemblée nationale pour demander une commission d'enquête sur l'industrie de la construction en lien avec l'octroi de contrats et le financement des partis politiques».

Mme Marois a déploré la tournure des événements durant la campagne, la «plus négative» qu'elle ait connue, alors que l'intégrité des chefs a laissé dans l'ombre les programmes des partis. «On vit dans un climat de suspicion inimaginable, comme on n'en a jamais connu au Québec», selon elle.

À Saint-Hyacinthe, le chef caquiste François Legault s'est dit quant à lui prêt à accorder le bénéfice du doute à Pauline Marois et à son conjoint Claude Blanchet, tout en qualifiant les allégations soulevées de «très graves».

Ancien député et ministre péquiste, de 1998 à 2009, M. Legault a assuré qu'il n'avait jamais entendu parler d'un quelconque stratagème ou système de financement par l'entremise de prête-noms au Parti québécois. «Jamais», a-t-il dit et répété.

Par ailleurs, il a assuré qu'il annulerait la hausse de 4,3 pour cent des tarifs d'électricité, qui entre en vigueur mardi, dès le lendemain des élections, s'il est porté au pouvoir.

La coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a proposé aux électeurs de «faire le ménage du printemps» dans le financement des partis politiques.

«On se tourne du côté d'un parti politique, qui lui, est formé d'une vaste équipe de candidats et de candidates incorruptibles», a avancé Mme David.

Ces manoeuvres pour réussir à se faire élire, chercher à obtenir des faveurs et renvoyer ensuite l'ascenseur sont autant d'éléments qui coûtent cher au Québec, a indiqué la candidate dans Gouin.

Pendant ce temps, de nombreux Québécois n'ont pas attendu le 7 avril pour exercer leur droit de vote. Déjà, 17,6 pour cent des électeurs ont voté par anticipation, soit plus d'un million de personnes.

Dans un autre ordre d'idées, l'environnement aura été un des thèmes négligés de la campagne. Des groupes environnementaux ont distribué des notes à chacun des partis pour évaluer leurs engagements en la matière. Québec solidaire a obtenu le plus haut score avec 98 pour cent, suivi du Parti vert à 96 pour cent et d'Option nationale à 75 pour cent. Le Parti québécois récolte pour sa part 45,5 pour cent, les libéraux 33 et la Coalition avenir Québec ferme la marche avec 28 pour cent.

Les groupes en question sont l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), Environnement jeunesse, la Fondation David Suzuki, Greenpeace, Nature Québec, la Société pour la nature et les parcs (SNAP) et le Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada).

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