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Huit gardiens de prison accusés de torture en Grèce

01/04/2014 01:18 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

THESSALONIQUE, Grèce - Huit gardiens de prison grecs ont été accusés mardi d'avoir torturé à mort un détenu albanais qui avait mortellement poignardé un gardien dans une autre prison, après qu'on lui eut refusé la permission de se rendre au chevet de sa mère mourante.

Le procureur Nikos Antonarakis, dans la ville centrale d'Amphissa, a émis des mandats d'arrestation contre des gardes de la prison Nigrita, dans le nord du pays, où le détenu de 42 ans, Ilie Kareli, a été retrouvé battu à mort dans sa cellule la semaine dernière.

Le ministère de la Justice a expliqué que M. Kareli avait été déplacé vers la prison de Nigrita pour sa propre sécurité, deux jours après qu'il eut poignardé à mort un gardien de la prison de Malandrino, dans le centre du pays. Il avait été placé en isolement et était surveillé par caméra.

Les enquêteurs affirment toutefois qu'il a été battu par les gardiens ailleurs dans la prison, loin des caméras, avant d'être ramené dans sa cellule après deux heures.

Les gardiens pourraient être condamnés à la prison à vie s'ils sont reconnus coupables de torture.

Le coroner a déterminé que M. Kareli avait été frappé à la tête et au corps et qu'il avait subi des blessures à la poitrine qui ont provoqué un arrêt cardiaque. Ils ont aussi noté qu'il semblait avoir été électrocuté et frappé sur la plante des pieds.

Le secrétaire général du ministère de la Justice, Marinos Skandamis, a accusé les gardes d'avoir commis des gestes «brutaux, inhumains et honteux (...) qui appartiennent à l'époque la plus sombre de l'histoire humaine».

M. Kareli purgeait une peine de 20 ans de prison pour tentative de meurtre, cambriolage et trafic de drogue.

Les responsables tenteront maintenant de déterminer si d'autres gardes des prisons de Nigrita ou de Malandrino, ou encore les policiers qui ont transféré M. Kareli entre les deux pénitenciers, devraient faire l'objet d'accusations.

La Grèce est fréquemment condamnée par les groupes de défense des droits de la personne pour le surpeuplement et le manque de personnel de ses prisons, qui accueillent 12 700 détenus même si elles ne sont conçues que pour 9300 personnes.

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