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Centrafrique: l'ONU est prête à évacuer 19.000 musulmans

01/04/2014 10:22 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) s'est dit mardi prêt à aider à évacuer, en Centrafrique même ou hors du pays, quelque 19.000 musulmans traqués par les milices chrétiennes.

"Ce que nous ne voulons pas, c'est être à côté des gens et les voir se faire massacrer", a déclaré une porte-parole du HCR, Fatoumata Lejeune-Kaba, lors d'une conférence de presse à Genève.

Formées en réaction aux exactions contre la population perpétrées pendant des mois par les combattants essentiellement musulmans de la Séléka après leur prise du pouvoir en mars 2013, les milices anti-balaka, groupes formés à l'origine de paysans chrétiens de l'ouest de la Centrafrique, s'en prennent depuis à la population musulmane, qui fuit massivement le pays plongé dans les tueries interreligieuses.

Les musulmans sont particulièrement menacés dans le quartier PK-12, à la sortie nord de Bangui, mais aussi à Boda, Carnot et Berberati à l'ouest de la capitale, et à Bossangoa plus au nord, a expliqué Mme Lejeune-Kaba.

"Nous craignons pour la vie de 19.000 musulmans dans ces endroits", a-t-elle ajouté. "Le HCR se tient prêt à aider à les évacuer vers des lieux plus sûrs que cela soit dans ou à l'extérieur du pays".

Pour l'ONU, les 2.000 soldats français déployés en Centrafrique et les 6.000 hommes de la force africaine sont le seul rempart des musulmans face aux violences.

L'ancienne colonie française, livrée au chaos depuis un an, traverse une crise humanitaire sans précédent.

Le regain de violences ces derniers jours a poussé quelque 16.000 personnes à fuir leur foyer à Bangui depuis le début de la semaine dernière, selon le HCR.

Quelque 637.000 personnes sont désormais déplacées dans le pays, dont 207.000 à Bangui, et 319.600 personnes ont fui dans les pays voisins.

Depuis le 22 mars, plus de 60 personnes sont mortes dans les violences, a indiqué mardi une porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, Cécile Pouilly, citant une attaque à la grenade le 27 mars dans un centre funéraire à Bangui tuant au moins 20 personnes, ainsi que le décès de 24 personnes tuées samedi par des soldats tchadiens.

"Il semble que les soldats tchadiens aient tiré sans discrimination dans la foule", a-t-elle pointé.

Selon Mme Pouilly, des experts de l'ONU devraient enquêter sur le terrain sur des informations selon lesquelles des soldats tchadiens aideraient les Séléka.

nl/apo/mba

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