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Brevets: l'ombre de Google plane sur le nouveau procès Apple/Samsung

01/04/2014 06:34 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

L'ombre de Google a plané mardi au deuxième jour du nouveau procès sur les brevets qui opposent aux Etats-Unis les deux géants des smartphones Samsung et Apple.

Les deux groupes s'accusent mutuellement devant un tribunal de San José, en Californie, de violations de brevets sur une série de modèles de téléphones et de tablettes, dont l'iPhone 5 du groupe américain et le Galaxy S3 du sud-coréen, sortis tous les deux en 2012.

En s'en prenant à Samsung, Apple mène en réalité "une attaque contre Android", le système d'exploitation mobile de Google, a affirmé mardi l'avocat du groupe sud-coréen, John Quinn. "Apple essaye de limiter le choix des consommateurs et de gagner un avantage injuste sur (le logiciel) Android de Google", et de "gagner devant vous, dans ce tribunal, ce qu'il a perdu sur le marché", a-t-il plaidé.

Android s'est en effet imposé comme le premier système d'exploitation sur le marché mondial des smartphones comme des tablettes, détrônant iOS, le logiciel qui fait tourner l'iPhone et la tablette iPad d'Apple. Google laisse toute une série de fabricants utiliser Android, mais Samsung, premier fabricant mondial de smartphones, est le plus en vue.

Les audiences se tiennent dans le même tribunal de la Silicon Valley et devant la même juge, Lucy Koh, que pour deux autres procès très suivis en 2012 et 2013, qui s'étaient soldés par 930 millions de dollars d'amendes pour Samsung. Ce dernier a fait appel.

La facture pourrait être encore plus lourde cette fois, car les modèles concernés sont plus récents et se sont mieux vendus que ceux au coeur des débats précédents.

Apple réclame plus de 2 milliards de dollars de dédommagements, accusant Samsung d'avoir vendu aux Etats-Unis plus de 37 millions de smartphones et de tablettes violant ses brevets.

Ces derniers recouvrent des techniques de déblocage des écrans tactiles par geste, de correction automatique des mots en cours d'écriture, d'accès aux données recherchées par l'utilisateur et de réalisation d'actions sur ces données, par exemple passer automatiquement un appel une fois un numéro de téléphone trouvé.

L'avocat de Samsung a fait valoir qu'une bonne partie de ces fonctions étaient en fait intégrées à Android.

"Cette affaire ne concerne pas Google", a toutefois assuré mardi aux jurés l'avocat du groupe à la pomme, Harold McElhinny. "C'est Samsung, et pas Google, qui a choisi de mettre ces fonctionnalités dans ses téléphones".

La juge Koh a prévu d'accorder 25 heures à chacune des deux parties pour exposer leurs preuves. A raison de trois audiences par semaine (lundi, mardi et vendredi), elle a dit aux jurés tabler sur un procès d'environ deux mois.

Les bras de fer judiciaires à répétition d'Apple et Samsung aux Etats-Unis, qui s'ajoutent à une série de procès dans d'autres pays aux résultats jusqu'ici variables, entrent dans le cadre d'une "guerre des brevets" que se livrent actuellement les grands groupes technologiques mondiaux.

Malgré sa première victoire en Californie, Apple n'avait pas réussi à obtenir l'interdiction de la vente d'appareils Samsung aux Etats-Unis.

Toute nouvelle victoire débouchera probablement sur de nouvelles tentatives, et lui fournirait aussi des munitions légales pour s'attaquer à des modèles plus récents, voire pas encore sortis, s'ils utilisent les mêmes technologies.

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