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Akazu, Inyenzi: les mots du génocide rwandais

01/04/2014 03:06 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

Akazu, Inyenzi, FAR, FPR... L'histoire du génocide de 1994 au Rwanda, qui a fait environ 800.000 morts, essentiellement dans la minorité tutsi, est jalonnée de termes kinyarwanda - langue nationale - ou d'acronymes. En voici un glossaire non exhaustif.

Akazu: "la petite maison", en kinyarwanda. Désigne en 1994 un petit cercle de hauts dirigeants qui, autour du président hutu d'alors Juvénal Habyarimana et de son épouse Agathe, est soupçonné d'avoir organisé le génocide. Certains observateurs remettent en cause sa réalité.

Catégorie 1: dans le système judiciaire rwandais post-génocide, désigne ceux accusés d'avoir joué un rôle majeur dans l'organisation des massacres et/ou de crimes d'une extrême cruauté. Les catégorie 2, 3 ou 4, rassemble les exécutants selon la gravité décroissante de faits.

FAR: Forces armées rwandaises. Nom jusqu'en 1994 de l'armée nationale, essentiellement hutu. Considérablement renforcées après une offensive du FPR en 1990, repoussée grâce à l'armée française, qui formait et armait l'armée rwandaise. Les FAR déclenchent les massacres dès le 7 avril 1994, quelques heures après l'assassinat du président Habyarimana. Mises en déroute par le FPR et vaincues en juillet 1994.

FPR: Front patriotique rwandais. Ex-rébellion majoritairement tutsi basée en Ouganda. Avec Paul Kagame à sa tête, le FPR entre au Rwanda en avril 1994 et prend Kigali en juillet, mettant fin au génocide. Parti au pouvoir depuis.

Gacaca (se prononce gatchatcha): littéralement "tribunal sur l'herbe". Système de justice traditionnelle et communautaire, relancé pour juger les exécutants du génocide. Les juges - formés par les autorités - sont non-professionnels et il n'y a pas d'avocats. Environ deux millions de personnes ont comparu devant les gacaca entre 2005 et 2012, date de fin de leurs travaux.

Hutu Power: idéologie prônant la suprématie hutu au Rwanda, basée sur "dix commandements" publiés dans le périodique extrémiste Kangura en 1990 et qui appellent le "peuple majoritaire" à s'unir contre l'ennemi commun tutsi.

Ingando: "Camps de solidarité" où les condamnés pour actes liés au génocide reçoivent une éducation citoyenne dans le processus de leur libération. Détenus de droit commun ou jeunes bacheliers notamment y passent désormais également.

Interahamwe: "ceux qui travaillent ensemble". Principale milice hutu en 1994. Sera le bras armé du génocide.

Inyenzi: les "cafards"; terme utilisé par les extrémistes hutus pour désigner les Tutsi.

Inkotanyi: "les combattants infatigables", nom que se donnaient les rebelles du FPR.

Minuar: Mission des Nations-Unies au Rwanda. Déployée en octobre 1993, 90% de ses troupes sont évacuées mi-avril 1994, au plus fort des massacres, après l'assassinat de dix Casques-Bleus belges en compagnie du Premier ministre rwandais Agathe Uwilingiyimana qu'ils étaient chargés de protéger. La Minuar, incapable d'empêcher le génocide, reste un symbole d'échec de l'ONU.

MRND: Mouvement républicain national pour la Démocratie et le Développement, au pouvoir entre 1973 et 1994. Fondé par le président Habyarimana, parti unique jusqu'en 1991. Nombre de ses cadres sont accusés d'avoir planifié et mis en oeuvre le génocide. Dissous en 1994.

TPIR: Tribunal pénal international pour le Rwanda, créé fin 1994 par l'ONU pour juger les organisateurs du génocide. Doit clore ses travaux à la fin de l'année, vingt ans après sa création, après avoir jugé 73 personnes dans 55 affaires.

Turquoise: opération militaire française, menée sous mandat de l'ONU du 22 juin au 22 août 1994, dans le but officiel de mettre fin aux massacres. L'opération Turquoise est accusée d'avoir surtout permis l'exfiltration ou la fuite d'organisateurs ou exécutants présumés du génocide et la réorganisation de milices hutu dans l'est du Zaïre (désormais RDC).

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