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A Horta, les origines catalanes de Manuel Valls, "Français de Barcelone"

01/04/2014 11:07 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

"Manuel est né ici, dans une rue voisine", raconte fièrement Felip Capdevila, cousin du nouveau Premier ministre français Manuel Valls, originaire de Horta, quartier bourgeois de Barcelone, où vit encore une partie de sa famille.

Même si le père de Manuel Valls, Xavier Valls, un peintre reconnu, fervent républicain, est parti pour Paris il y a soixante ans, sa famille reste très attachée à ce quartier de Barcelone, bordé d'imposantes maisons de maîtres.

"Ses parents venaient plusieurs mois en été et c'est pendant l'un de ces étés qu'il est né", le 13 août 1962, "dans une clinique devenue depuis une résidence pour personnes âgées", raconte ce retraité de 68 ans, assis au bar d'un club de tennis chic du quartier.

En souriant, Felip Capdevila se souvient que Manuel Valls "venait souvent ici quand il était jeune. Dans ce coin là-bas, on jouait beaucoup au football".

"Sa soeur vit toujours dans le quartier et sa mère vient tous les étés entre mai-juin et septembre. Et ses fils viennent jouer ici au club. Lui pas si souvent, mais il vient aussi".

"Ils passaient du temps dans le quartier. Ses amis habitaient par là et je vois souvent sa mère", originaire de Suisse, raconte aussi Montserrat Boren, une voisine de la soeur de Manuel Valls.

Dans les kiosques à journaux du quartier, la photo du nouveau chef de gouvernement français est partout. "Le Français de Barcelone", "Un Catalan à Matignon(siège du Premier ministre)", titrent les quotidiens.

Manuel Valls, comme Anne Hidalgo, originaire d'Andalousie (sud de l'Espagne) élue dimanche maire socialiste de Paris, font depuis la Une des journaux espagnols.

"Un Catalan et une Andalouse promus aux plus hauts postes de la République. Du jamais vu que les analystes interprétaient comme une démonstration du modèle républicain d'intégration et de promotion sociale", écrivait mardi La Vanguardia, le grand journal catalan.

- L'Europe, 'une réalité' -

Tous deux "démontrent que malgré la crise de la construction européenne, l'Europe est une réalité", souligne Pia Bosch, candidate socialiste à la mairie catalane de Gérone aux municipales de 2011, que Valls était venu soutenir.

Comme avec Pia Bosch, Manuel Valls conserve des liens avec plusieurs socialistes de la région, mais aussi de Madrid. "Félicitations au compagnon et bonne chance à l'ami", lançait lundi la numéro deux du Parti socialiste espagnol, Elena Valenciano, sur son compte Twitter.

Naturalisé français en 1982, Manuel Valls a grandi en France mais rappelle volontiers ses origines catalane et espagnole, s'exprimant sans problème en catalan et en castillan.

Il ne perd pas une occasion de se rendre en Espagne, y compris pour des visites officielles, en tant que ministre de l'Intérieur, soulignant les très bonnes relations entre la France et l'Espagne, notamment en matière de lutte contre les réseaux islamistes ou l'organisation indépendantiste basque ETA.

Lors de sa dernière visite officielle en décembre, son homologue espagnol conservateur et néanmoins "ami", selon ses propres termes, Jorge Fernandez Diaz, l'avait d'ailleurs fait Grand Croix du mérite civil.

Supporteur déclaré du FC Barcelone, le désormais Premier ministre se plaît à rappeler qu'un cousin de son père, Manuel Valls Gorina, a composé l'hymne du club catalan.

Le Barça a d'ailleurs prévu de lui adresser une lettre de félicitations et d'invitation à la tribune officielle du Camp Nou, où il adorait se rendre dans sa jeunesse.

Mais lorsqu'il est interrogé sur la poussée indépendantiste qui agite la Catalogne, il reste très prudent.

En 2013, il avait fait une visite surprise à la Fondation Vila Casas de Barcelone pour une exposition consacrée aux oeuvres de son père.

Alors interrogé par la radio de Catalogne, il avait répondu : "Je me souviens qu'on a toujours parlé catalan à la maison. Mon père a toujours été très catalaniste". "Mais en même temps, nous n'oublions pas que ce fut Madrid qui a accueilli mon père dans les années 1970 avant que la Catalogne ne se souvint qu'elle avait un grand peintre figuratif. Il me semble que ma réponse permet de comprendre ce que je pense".

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