NOUVELLES
29/03/2014 10:27 EDT | Actualisé 29/05/2014 05:12 EDT

Niger: "Accord satisfaisant" en vue sur l'uranium avec Areva (ministre)

Le Niger et le géant du nucléaire Areva sont sur le point de conclure "un accord satisfaisant" sur le renouvellement pour les dix ans à venir des contrats d'exploitation de deux mines d'uranium, a affirmé samedi le ministre des Mines.

"Nous avons progressé, nous sommes très proches d'un accord satisfaisant", a assuré Oumarou Hamidou Tchiana au Parlement, devant lequel des centaines de personnes ont auparavant manifesté contre Areva, a constaté l'AFP.

Les négociations avec le groupe français, qui exploite depuis plus de 40 ans l'uranium dans le nord du pays, ont débuté en janvier 2013 "dans un contexte de chute des prix de l'uranium" et "ont été longues, difficiles et souvent âpres", a estimé le ministre des Mines.

Elles achoppent surtout sur la volonté du géant du nucléaire français d'accepter une loi minière votée en 2006, qui ferait croître la taxation sur le minerai extrait de 5,5 à 12% et mettrait un terme à certaines exonérations fiscales, selon Niamey.

"Je tiens à vous assurer que l'application de la loi 2006 (par Areva) ne souffrira d'aucune ambiguïté", a affirmé le ministre, promettant de "rendre publiques" les conventions avec Areva "une fois signées", afin de démentir les accusations de "complicité" avec Areva ou d'"opacité" des négociations.

M. Tchiana a par ailleurs noté les "recettes relativement modestes" jusqu'ici tirées de l'uranium par son pays, l'un des plus pauvres au monde.

En 44 ans d'exploitation, les recettes cumulées par le Niger sont "de l'ordre de 660 milliards FCFA" (environ 1 milliard d'euros) et soit une "moyenne annuelle de 15 milliards FCFA" (env 23 millions d'euros), a-t-il expliqué.

Ce montant représente "autour de 6,5% de nos recettes budgétaires. D'où le sentiment que nous avons un partenariat déséquilibré", a-t-il remarqué.

Peu avant l'intervention du ministre, quelques centaines de personnes se sont rassemblées à l'appel de plusieurs ONG locales devant le siège du Parlement pour dénoncer "le refus" d'Areva de se soumettre à la loi minière de 2006.

"A bas Areva !", "A bas le gouvernement complice (Areva)!", "Nous sommes riches mais nous crevons de faim!", ont scandé les manifestants.

La foule s'est dispersée dans le calme au moment où les médias publics ont commencé à retransmettre en direct l'intervention de M. Tchiana.

bh/jf/jmc

PLUS:hp