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29/03/2014 06:16 EDT | Actualisé 29/05/2014 05:12 EDT

Les talibans attaquent le siège de la commission électorale à Kaboul

Les forces afghanes tentaient samedi de neutraliser un commando talibans retranché depuis plusieurs heures dans un immeuble de Kaboul depuis lequel il tirait sur le siège de la Commission électorale indépendante (IEC), à une semaine du premier tour de la présidentielle.

"Trois ou quatre assaillants occupent un bâtiment" voisin de celui de la commission électorale "et tirent sur le siège de l'IEC", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur afghan, Sediq Sediqqi.

"Une attaque est en cours contre le siège de l'IEC. Nous avons entendu deux explosions, probablement causées par des tirs de lance-roquettes", a dit Noor Mohammad Noor, le porte-parole de cette commission chargée de veiller au bon déroulement de l'élection.

"Tout le monde est en sécurité, réfugié dans les pièces bunkerisées", a-t-il néanmoins assuré, alors qu'aucune victime n'était signalée à ce stade.

Lancée vers 12H00 (07H30 GMT), l'attaque était toujours en cours vers 16H30 (12H00 GMT) et les tirs talibans ont endommagé un entrepôt situé dans l'enceinte de la commission.

"La police a encerclé le bâtiment, les combats ne sont pas terminés", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police de Kaboul, Hashmat Stanikzai.

Déployées rapidement sur place, les forces de sécurité afghanes échangeaient des tirs avec les assaillants, et une épaisse fumée noire s'élevait au-dessus de la zone, alors que l'aéroport international de Kaboul a été fermé en raison des combats.

Situé dans l'est de Kaboul, le siège de la Commission électorale indépendante, lieu dont la nature en faisait une cible évidente pour les talibans, a des airs de petite forteresse: l'entrée est protégée par une barrière de sécurité et des gardes armés sont postés sur des tours.

L'attaque a été revendiquée sur Twitter par les talibans, artisans d'une violente insurrection depuis leur éviction du pouvoir en 2001 par une coalition militaire internationale menée par les Américains.

- Ghani, candidat préféré des électeurs -

Cette nouvelle opération des rebelles islamistes intervient à une semaine seulement du premier tour de la présidentielle afghane, le 5 avril, qui désignera le successeur de Hamid Karzaï, seul homme à avoir dirigé le pays depuis la chute des talibans et à qui la Constitution interdit de briguer un troisième mandat.

La campagne électorale a déjà été marquée par de nombreuses violences des talibans, qui ont promis de mobiliser tous leurs moyens pour "perturber" le scrutin, et la fréquence de leurs attaques a augmenté à l'approche du premier tour.

Vendredi, deux Afghans, dont une fillette, ont été tués à Kaboul lors d'une attaque des insurgés contre une résidence d'ONG. Mardi, les violences ont fait quinze morts dans le pays, dont cinq lors d'une opération talibane contre un bureau régional de l'IEC à Kaboul.

Le 20 mars, neuf personnes, dont le journaliste afghan de l'AFP Sardar Ahmad, sa femme et deux de ses enfants, ont péri dans l'attaque de l'Hôtel Serena, l'établissement le plus prestigieux de la capitale afghane.

De fait, la rébellion semble cibler aussi bien les lieux fréquentés par les étrangers (quatre attaques depuis le début de l'année) que des institutions chargées d'organiser l'élection.

Les favoris du scrutin sont Zalmai Rassoul, un ancien ministre des Affaires étrangères proche du pouvoir sortant, Ashraf Ghani, un économiste réputé, et Abdullah Abdullah, un ténor de l'opposition arrivé en 2e position lors de la présidentielle de 2009.

M. Ghani arrive en tête des intentions de vote du premier tour (27,1%), indique un rare sondage sur la présidentielle publié samedi par un bureau international d'étude spécialisé sur l'Afghanistan, ATR Consulting.

Il est talonné par M. Abdullah (24,6%), alors que M. Rassoul n'obtient que 8%, selon cette enquête réalisée auprès de 3.222 personnes et qui montre que 28,8% des électeurs sont encore indécis.

Les Afghans se rendront aux urnes alors que le pays traverse une période d'incertitude à l'approche du retrait des quelque 50.000 soldats de la force internationale de l'Otan (Isaf), d'ici à la fin de l'année, qui fait craindre une nouvelle flambée de violences.

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