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29/03/2014 01:03 EDT | Actualisé 29/05/2014 05:12 EDT

La propagation du virus Ebola à la capitale de la Guinée suscite des craintes

CONAKRY, Guinée - L'Ebola, l'un des virus les plus mortels au monde, est parti d'une région éloignée du sud de la Guinée pour se propager jusqu'à la capitale, faisant craindre que la maladie, qui provoque de graves hémorragies et presque toujours la mort, pourrait se répandre à l'extérieur des frontières du petit pays d'Afrique occidentale.

Il s'agit de la première épidémie d'Ebola en sol guinéen et le virus a déjà tué au moins 70 personnes, dont un homme que sa famille a emmené jusqu'à Conakry, la capitale, afin qu'il soit soigné. Six de ses proches et deux autres individus ayant été en contact avec lui ont été placés en quarantaine dans un hôpital.

Les autorités ont prévenu que l'arrivée d'Ebola dans la ville de deux millions d'habitants dotée d'un aéroport international pourrait s'avérer désastreuse. Les infrastructures médicales de la Guinée, qui compte parmi les pays les plus pauvres de la planète, sont très limitées et bon nombre de ses habitants vivent dans des bidonvilles où la fièvre hémorragique pourrait se propager à la vitesse de l'éclair.

«Les mauvaises conditions de vie ainsi que le manque d'eau et d'hygiène qui prévalent dans la plupart des quartiers de Conakry risquent de transformer cette épidémie en véritable crise», a affirmé Ibrahima Touré, directeur de la branche guinéenne de l'organisme humanitaire Plan International.

La panique s'est déjà emparée des résidants de la capitale depuis que le gouvernement a annoncé la présence de cas d'Ebola à Conakry jeudi soir à la télévision nationale. Alors que plus de 300 patients se rendent chaque jour à l'hôpital Donka pour être traités, moins d'une centaine a osé se pointer, vendredi, en raison de la présence dans l'établissement de personnes possiblement infectées par Ebola.

Les groupes d'aide comme Médecin Sans Frontières et Plan International tentent d'éduquer les Guinéens au sujet des modes de transmission du virus de même que d'identifier et d'isoler tous ceux qui pourraient avoir été exposés à la fièvre hémorragique. Il n'y a pas de cure connue pour la maladie et la souche d'Ebola en Guinée a un taux de mortalité de 90 pour cent.

Quelque 111 personnes sont déjà tombées malades et les autorités des pays voisins du Liberia et du Sierra Leone enquêtent actuellement sur de possibles cas.

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