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29/03/2014 08:21 EDT | Actualisé 29/05/2014 05:12 EDT

La minorité tatare de Crimée s'apprête à voter son autonomie

Les Tatars de Crimée vont organiser samedi un vote sur leur autonomie sur leur terre historique, après son annexion par la Russie, ont-ils décidé samedi en urgence lors d'un congrès.

Des représentants des Tatars de toute la Crimée sont réunis dans la ville de Bakhtchyssaraï pour un "Qurultay", ou congrès, afin de décider du sort de cette communauté musulmane d'environ 300.000 personnes.

"Il arrive un moment dans la vie de chacun où un choix doit être fait, qui déterminera l'avenir", a déclaré le chef de file des Tatars, Refat Chubarov.

Il a proposé à la foule, entassée dans un centre municipal, de voter en faveur d'un projet de résolution appelant à "lancer les procédures légales et politiques pour l'autonomie nationale et territoriale du peuple tatar de Crimée sur son territoire historique, la Crimée".

Le document souligne la préoccupation des Tatars après le récent bouleversement de la péninsule, qui a vu les milices pro-Moscou et les troupes russes chasser les soldats ukrainiens de Crimée, après un référendum controversé aboutissant au rattachement de la région à la Russie.

Parmi les 200 personnes assistant au congrès, des officiels russes et des dirigeants religieux, dont le Grand Mufti Ravil Gainutdin, lui aussi tatar.

"Cette terre, c'est la Crimée, la patrie des Tatars de Crimée", a affirmé ce dernier sous des applaudissements nourris.

"Je prie Allah pour que vous preniez les décisions qui pourront aider le peuple tatar de Crimée", a-t-il ajouté, soulignant que plusieurs régions de Russie étaient multi-ethniques et "savaient comment bâtir la paix dans (un) foyer commun".

Les Tatars de Crimée, qui représentent environ 12% de la population, se sont fermement opposés au référendum du 16 mars, qu'ils ont largement boycotté.

Selon Ravil Gainutdin, si les Russes de Crimée ont eu la possibilité de déterminer leur futur, cela implique que "les Tatars de Crimée ont aussi ce droit".

Les Tatars se méfient de Moscou depuis que Joseph Staline a ordonné leur déportation en masse de la Crimée vers l'Asie centrale à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, lors de laquelle la moitié d'entre eux a péri en route. Ils n'ont pas été autorisés à retourner en Crimée avant la fin des années 1980.

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