POLITIQUE
29/03/2014 11:41 EDT | Actualisé 29/05/2014 05:12 EDT

François Legault veut transformer l'offre touristique québécoise (VIDÉO)

MONT-SAINT-GRÉGOIRE, Qc - Assurant n'avoir pas été au courant d'un prétendu stratagème pour remplir les coffres du Parti québécois dans les années 1990, François Legault a qualifié les révélations faites samedi de «très inquiétantes».

Selon un article du quotidien La Presse, des firmes de génie-conseil se seraient réparti, dans les années 1990, les territoires pour l'obtention des contrats publics lors de «ventes aux enchères» annuelles au profit du Parti québécois, au pouvoir à cette époque.

«On dit aussi qu'un ancien élu du PQ s'est arrangé pour donner un contrat du gouvernement à une firme d'ingénierie. Je trouve ça très inquiétant que pendant les années du PQ, les contrats étaient divisés par territoire et l'argent des enchères était donné au Parti québécois», a-t-il affirmé en point de presse.

Le chef de la CAQ a accédé au conseil des ministres à l'invitation du premier ministre péquiste de l'époque, Lucien Bouchard, en septembre 1998. En point de presse, samedi, il s'est défendu d'avoir participé au stratagème décrit par La Presse, ni même d'en avoir eu vent.

«J'étais en Santé et en Éducation, je n'étais pas aux Transports», a-t-il dit.

Il a demandé que les anciens ministres des Transports sortent de leur mutisme et fournissent des explications au sujet de ces révélations. Il ne les a pas nommés mais Jacques Brassard était ministre des Transports de janvier 1996 à décembre 1998. Guy Chevrette lui a succédé à ce poste jusqu'en janvier 2002. Jacques Léonard et Jean Campeau ont aussi occupé la fonction de ministre des Transports, entre 1994 et 1996.

François Legault a dévoilé, samedi après-midi à Contrecoeur, la liste de ses actifs, même s'il affirmait au cours des derniers jours qu'il s'agissait d'une demande «exagérée» de la part de son adversaire libéral, Philippe Couillard. Le couple possède des actifs évalués à 10 millions $.

François Legault et Isabelle Brais détiennent une résidence d'une valeur de 4 779 000$, des REER pour un total de 4 652 000$, des placements pour 274 000$ et deux véhicules valant en tout 70 000$.

Le chef caquiste ne croit pas être un homme déconnecté des réalités et des aspirations de la majorité de la population. «Je viens d'un milieu populaire. Mon père et ma mère n'avaient pas beaucoup d'argent. J'ai vécu jusqu'à l'âge de 32 ans chez ma mère. Je ne pense pas être bourgeois ou hautain.»

Il a ensuite puisé dans sa propre biographie pour illustrer les ambitions qu'il caresse pour le Québec. «J'ai commencé en empruntant 50 000$ dans une caisse populaire et quelques années plus tard, il valait 9 millions. J'espère qu'on fasse la même chose avec le Québec. Au Québec, on est endetté. Et j'espère que dans dix ans, on sera moins endetté et plus riche.»

François Legault estime avoir répondu aux demandes de son adversaire libéral et lui renvoie maintenant la balle. «C'est au tour de M. Couillard de répondre. Que voulait-il faire avec M. Porter, qui aujourd'hui est en prison ?», a-t-il lancé, exigeant toujours la publication du rapport annuel de l'entreprise détenue par le passé par le chef libéral et l'ex-dirigeant du CUSM, Arthur Porter.

Miser sur le St-Laurent

Le paysage touristique québécois sera transformé sous un gouvernement caquiste, qui misera sur le développement du tourisme en bordure du Saint-Laurent et sur le nouveau «Circuit Jacques-Cartier», a révélé François Legault, de passage dans une cidrerie de Mont-St-Grégoire, en Montérégie.

Accusant les gouvernements précédents d'avoir dilué les ressources en la matière, le chef de la CAQ affirme qu'on peut attirer davantage de touristes au Québec seulement si on «concentre» tous les efforts sur les rives du Saint-Laurent.

Selon lui, des milliards de dollars sont en jeu. Il croit que son projet peut permettre d'attirer des touristes étrangers qui choisissent actuellement d'autres destinations.

Le «circuit Jacques Cartier» est au coeur de la stratégie caquiste. Le parcours touristique qui relierait Montréal à la Gaspésie sur les deux rives du Saint-Laurent amènerait les touristes dans différents villages, chez des acteurs de l'agrotourisme et milieux naturels à proximité du Saint-Laurent.

M. Legault a soutenu qu'il y a un manque dans l'offre proposée aux touristes étrangers. Les voyagistes, dit-il, ne proposent pas de réels circuits touristiques en sol québécois permettant de passer une ou deux semaines dans la province. «Ça n'existe pas. Il y a seulement des petits bouts à gauche et à droite. On doit offrir un forfait structuré. Il faut se concentrer à faire une route touristique le long du Saint-Laurent. Je veux que d'ici 2020, ça devienne une destination internationale incontournable.»

Qu'advient-il des autres régions, qui ne sont pas situées en bordure du long fleuve bleu ? «Au Saguenay, il y a de l'eau qui se rend là, donc on peut étirer un peu. Mais il faut arrêter de faire de la concurrence entre les régions et se concentrer sur le bord du Saint-Laurent. Je l'avoue, il y a des régions qui n'aimeront pas ça», a lancé franchement le chef de la CAQ.

S'il n'entend pas faire de coupes dans le budget prévu à la stratégie de mise en valeurs des abords du Saint-Laurent, déjà présentée par le gouvernement Marois, M. Legault a promis de réviser les budgets des 21 associations touristiques régionales, qui veillent au développement et au financement du tourisme dans les régions touristiques québécoises.

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