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29/03/2014 11:08 EDT | Actualisé 29/05/2014 05:12 EDT

Couillard veut voir les états financiers de Pauline Marois et François Legault

CACOUNA, Qc - Avant de lui faire la morale sur des questions d'éthique et d'intégrité, Pauline Marois et François Legault devraient commencer par dévoiler la totalité de leurs états financiers, estime le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard.

Visiblement excédé, samedi, en marge d'un rassemblement militant, à Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent, M. Couillard, a affirmé que la «récréation était terminée» pour la chef du Parti québécois (PQ) et le chef caquiste.

«J'ai mis toute ma vie sur la table et celle de mon épouse aussi, a clamé le chef du PLQ. De voir M. Legault poser des questions sans queue ni tête et Mme Marois qui se sauve, ce n'est plus acceptable.»

En plus de ses états financiers, M. Couillard a également transmis un avis juridique de la firme Gowlings indiquant que la société de consultation qu'il désirait former avec le controversé docteur Arthur Porter n'a jamais vu le jour.

«Je trouve ça assez paradoxal, alors que c'est moi le seul qui a tout mis sur la table, qu'on continue à me poser des questions (...), affirme M. Couillard. Les autres, où elles sont leurs fiducies?»

Peu avant le deuxième débat des chefs, jeudi, Mme Marois avait transmis sa déclaration de revenus en 2012, sans toutefois dévoiler ses actifs ainsi que ceux de son mari Claude Blanchet, qui se trouvent dans une fiducie sans droit de regard, ce qui, selon la chef péquiste, et suffisant.

La sortie de M. Couillard a toutefois semblé donner des résultats du côté de la CAQ, puisque quelques heures plus tard, François Legault a publié, sur le site du parti, sa déclaration de revenus, celle de sa conjointe ainsi que la liste des actifs du couple.

Partage des contrats au PQ?

Le chef du PLQ a dit ne pas vouloir jouer le «jeu de l'association», mais a néanmoins fait référence à un article de La Presse suggérant qu'il y aurait eu un système de partage des contrats entre des firmes de génie-conseil au profit du PQ dans les années 1990.

Un rapport d'enquête révélé par le quotidien, se trouverait actuellement entre les mains des enquêteurs de la Commission Charbonneau.

«Si j'applique la même logique que mes adversaires (Marois et Legault) ont voulu m'appliquer au cours des derniers jours, ils étaient à la même place (au PQ) au même moment, a observé le chef libéral. Donc, si je fais comme eux, ils sont impliqués là-dedans et (ils) doivent s'expliquer.»

M. Couillard a toutefois esquivé les questions lorsque les journalistes lui ont demandé s'il commençait à jouer le jeu de ses adversaires, à qui il reproche de faire dans le «lançage de boue (sic)».

«Je vous illustre ce que ça fait lorsqu'on fait de l'association, a-t-il dit. Si j'utilise la même approche qu'ils (le PQ et la CAQ) ont utilisé avec moi je pourrais faire ce salissage.»

Par ailleurs, le chef du PLQ a également eu de la difficulté à cacher son impatience lorsqu'il a de nouveau été questionné sur sa décision de verser son salaire dans un paradis fiscal alors qu'il travaillait en Arabie saoudite malgré la légalité de la démarche.

«Ça remonte à 20 ans et tout a été déclaré, a-t-il dit. C'est encore une fois tourner en épingle quelque chose qui n'a aucune substance. C'est assez étrange que l'on reproche à quelqu'un d'avoir suivi les lois fiscales.»

Revenu au Québec en 1996, le chef libéral a néanmoins conservé son compte — estimé à 600 000 $ — à l'île de Jersey jusqu'en 2000. Cela ne l'a pas empêché, à son avis, d'avoir tout déclaré et payé aux autorités fiscales concernées.

M. Couillard, qui affirme que les documents concernant son compte à Jersey n'existent plus, s'est montré irrité lorsqu'on lui a demandé s'il fallait le croire sur parole.

«Je veux bien faire de l'archéologie, mais je suis un peu limité», a-t-il répliqué.

Propos désolants

M. Couillard, dont les attaques à l'endroit du chef caquiste sont récemment plus incisives lors de rassemblements militants, affirme qu'il n'a pas modifié sa stratégie depuis la performance de son rival au dernier débat des chefs.

Le chef libéral a cependant déploré la teneur des propos émis par M. Legault depuis quelques jours, qui a notamment dit de son rival libéral qu'il n'avait «pas de couilles».

«Il a utilisé des termes vraiment orduriers à mon endroit et je pense que ça ne le rehausse pas dans l'opinion publique, a dit M. Couillard. J'ai été particulièrement blessé de la façon dont il s'est exprimé à mon sujet et je ne m'attendais pas à cela de M. Legault.»

Cela n'a pas empêché le chef libéral d'attaquer la CAQ lors de ses trois rassemblements militants de la journée (Cacouna, La Pocatière et Saint-Lambert-de-Lauzon) en affirmant qu'un vote pour le parti de François Legault était la «même chose» qu'un vote pour le PQ.

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