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28/03/2014 04:49 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

Turquie: dix mois de crises politiques

La Turquie, où se déroulent dimanche des élections municipales, traverse une période politique agitée depuis dix mois:

- 2013 -

- 31 mai: l'évacuation musclée par la police d'une poignée d'écologistes opposés au projet de destruction d'un jardin public qui jouxte la place Taksim d'Istanbul, le parc Gezi, suscite une mobilisation qui gagne tout le pays.

Pendant trois semaines, deux millions et demi de personnes au total vont manifester dans 80 villes pour exiger la démission du Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan. Au pouvoir depuis mars 2003, il est accusé de dérive autoritaire et de vouloir islamiser la société turque.

Les affrontements qui accompagnent la contestation font 8 morts, plus de 8.000 blessés et quelque 5.000 arrestations. La violente répression fait s'indigner le monde entier, notamment l'Union européenne (UE) à laquelle la Turquie est candidate. Les derniers manifestants sont brutalement évacués de Gezi le 15 juin, M. Erdogan rassemble le lendemain plus de 100.000 partisans à Istanbul.

- 13 novembre: le Premier ministre déclare la guerre à ses alliés de la confrérie d'un prédicateur musulman qui vit aux Etats-Unis, Fethullah Gülen, en annonçant la suppression des écoles préparatoires privées, poumon financier et principal instrument d'influence de la confrérie.

- 17 décembre: coup de filet anti-corruption dans l'entourage de M. Erdogan. Plus de 80 personnes sont arrêtées dont trois fils de ministres et le PDG d'une banque publique, chez qui 4,5 millions de dollars sont trouvés dans des boîtes à chaussures.

Le chef du gouvernement dénonce une "tentative de coup d'Etat judiciaire" et accuse le mouvement de Fethullah Gülen d'être à l'origine de ces enquêtes pour lui nuire.

- 25 décembre: M. Erdogan change la moitié de son gouvernement après la démission des ministres visés par le scandale. Des milliers de manifestants réclament sa démission. La livre turque chute.

- 2014 -

- 2 janvier: l'armée réclame la révision des condamnations en 2012 et 2013 de centaines d'officiers lors de procès instruits par des magistrats proches des réseaux Gülen. M. Erdogan va lui apporter un soutien inédit.

- 5 février: le Parlement dominé par le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir vote une loi qui renforce le contrôle d'internet des magistrats (15 février) puis, dix-jours plus tard, une réforme judiciaire qui signe la reprise en main des magistrats.

- 24 février: les réseaux sociaux s'enflamment autour de la diffusion d'enregistrements de conversations téléphoniques compromettantes pour M. Erdogan, qui les dénonce comme des "montages" avant de reconnaître l'authenticité de certains. Des milliers de manifestants réclament son départ.

- 11 mars: la mort d'un jeune manifestant dans le coma depuis la fronde de juin 2013 soulève une vive émotion dans le pays. Des manifestations anti-Erdogan massives agitent le pays le lendemain.

- 20 mars: le gouvernement ordonne le blocage de l'accès à Twitter pour stopper la publication quotidienne des écoutes qui mettent en cause M. Erdogan. Cette mesure vaut à la Turquie une volée de critiques, notamment à l'étranger. Même le président Abdullah Gül, pourtant cofondateur de l'AKP en 2001 avec M. Erdogan, la dénonce.

Le 26, un tribunal administratif ordonne la levée de ce blocage. L'autorité turque des télécommunications dispose de trente jours pour s'y conformer.

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