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28/03/2014 07:24 EDT | Actualisé 28/05/2014 05:12 EDT

Tunisie: prison ferme pour le dirigeant d'un violent groupe pro-islamiste

Imed Dghij, le dirigeant d'un groupe tunisien accusé d'être une brutale milice pro-islamiste, a été condamné à quatorze mois de prison ferme pour "incitation à la violence et atteinte à autrui", a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

"Le tribunal de Tunis a condamné Imed Dghij à huit mois de prison pour incitation à la violence et à six mois pour atteinte à autrui via les réseaux sociaux", a précisé la source à l'AFP.

Chef de la section de la Ligue de protection de la révolution (LPR) au Kram, dans la banlieue de la capitale, Imed Dghij a été arrêté fin février sur ordre de la justice après avoir violemment critiqué dans une vidéo des syndicats des forces de l'ordre, les qualifiant notamment de "gangs politisés", ainsi que les magistrats.

"Nous ne nous rendrons pas. Nous vaincrons et nous ne mourrons qu'après en avoir fini avec vous, c'est clair?", avait-il lancé.

Il y jugeait aussi légitime "le fait de faire couler le sang des agents des forces de l'ordre".

La LPR, accusée à de nombreuses reprises d'orchestrer des attaques contre des opposants ou des associations pour les intimider, est considérée par plusieurs partis politiques et une large partie de la société civile comme une milice brutale proche du parti islamiste Ennahda, qui a remis fin janvier le pouvoir à un gouvernement apolitique.

Ses militants sont soupçonnés du lynchage à mort d'un représentant du parti Nidaa Tounes à Tataouine (sud) à l'automne 2012 ainsi que d'une attaque contre le siège du syndicat UGTT en décembre 2012.

Ces deux affaires, qui ont approfondi les crises politiques à répétition en Tunisie, n'ont pas encore abouti à des procès.

L'UGTT et les opposants à Ennahda réclament la dissolution des différentes sections et antennes de la LPR depuis l'hiver 2012.

La justice, depuis l'arrivée au pouvoir début 2014 du nouveau gouvernement de Mehdi Jomaa, a lancé plusieurs enquêtes contre ces groupes malgré les critiques d'Ennahda, qui reste la principale force politique du pays.

kl/alf/cbo

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