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28/03/2014 02:43 EDT | Actualisé 28/05/2014 05:12 EDT

Pékin a cessé d'accepter de l'étranger des listes de prisonniers à libérer (militant)

La Chine a visiblement cessé d'accepter de la part de gouvernements étrangers des listes de prisonniers dont ils demandent la libération, a indiqué vendredi un influent militant des droits de l'homme.

John Kamm, homme d'affaires américain devenu militant des droits de l'homme, a aidé à obtenir la clémence pour de nombreux prisonniers chinois. Il a expliqué "avoir été informé qu'une décision politique a été prise mi-2012 de ne plus accepter de listes de prisonniers (à libérer) en marge de discussions bilatérales sur les droits" de l'homme.

"L'époque où de longues listes pouvaient être soumises (à la Chine) est probablement révolue", a insisté John Kamm, créateur de la Foundation Dui Hua, devant le Centre pour les études stratégiques et internationales à Washington.

Selon lui, Pékin a refusé de recevoir une liste de prisonniers durant des discussions avec l'Union européenne l'année passée et un diplomate chinois aurait même indiqué à un haut responsable américain que "personne ne sera relâché, (la Chine) n'a plus à faire cela à présent".

John Kamm précise toutefois que les autorités chinoises pourraient faire preuve "d'une certaine flexibilité" dans la mise en oeuvre de cette décision politique de 2012. Sa propre ONG reste ainsi en contact avec les responsables chinois sur la question des prisonniers.

Le militant estime que ce changement de politique pourrait soit refléter une confiance grandissante de la Chine, soit être le fait de décisions individuelles prises par des hommes politiques à Pékin trouvant le ton des listes soumises par les gouvernements étrangers quelque peu "insultant".

Kamm a appelé à plusieurs reprises la Chine à libérer des prisonniers politiques ou enfermés pour des motifs religieux, assurant que la clémence n'était "pas un signe de faiblesse mais plutôt de confiance et de force".

Pour le militant, l'administration du président Barack Obama n'a obtenu que peu de concessions de la part de Pékin sur les droits de l'homme. Par le passé, la Chine a elle-même fait libérer des prisonniers pour servir certains objectifs bien précis, comme celui de s'assurer de la présence du président George W. Bush et d'autres dirigeants aux jeux Olympiques de Pékin en 2008, ou pour normaliser ses relations commerciales avec les Etats-Unis sous le mandat de Bill Clinton.

Kamm ajoute que la libération de prisonniers a par ailleurs permis à la Chine d'éviter des sanctions économiques durables, à la suite de sa répression sanglante des manifestations pro-démocratiques de la Place Tiananmen en 1989.

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