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28/03/2014 01:10 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

Paradis fiscal : Couillard défend la légitimité de ses placements

Le chef libéral, Philippe Couillard, dit qu'il a agi de manière « morale » en plaçant de l'argent dans un paradis fiscal alors qu'il travaillait en Arabie saoudite dans les années 1990. Il n'aurait pas fait autrement à la lumière de ce qu'il sait aujourd'hui, dit-il.

Un texte de Marie-Ève Maheu Twitter Courriel

« Il y a des milliers de Québécois et de Canadiens qui chaque année sont non résidents, travaillent à l'étranger, et ne paient pas d'impôt. À moins qu'on veuille changer les lois fiscales, ce sont les règles et elles s'appliquent », dit-il.

M. Couillard a possédé entre 1992 et 2000 un compte à l'île Jersey, en Europe, où le secret bancaire était absolu et qui figurait jusqu'à tout récemment sur la liste noire des paradis fiscaux, selon ce qu'a divulgué Radio-Canada.

Ses adversaires ne s'attaquent pas à la légalité de l'affaire, mais s'interrogent sur l'éthique du chef libéral.

M. Couillard affirme qu'à son arrivée en Arabie saoudite, il a demandé conseil à des collègues pour trouver une banque à charte canadienne, et l'institution à Jersey lui a été suggérée. « À l'époque, il s'agissait d'une banque à charte canadienne avec une excellente réputation, dit-il. Mes collègues ingénieurs, médecins, professionnels canadiens qui étaient là-bas l'utilisaient et je suis content de l'avoir fait », dit-il.

Savait-il que Jersey était liée au secret bancaire? M. Couillard n'a pas voulu répondre clairement à la question, qui lui a été posée à trois reprises. « Ce n'est pas une considération qui a effleuré mon esprit et ce n'est pas comme ça que mes collègues m'en ont parlé non plus. »

M. Couillard affirme avoir déposé 600 000 $ dans le compte, mais il affirme ne plus détenir de preuve. Et puisqu'à l'époque le secret bancaire était absolu à Jersey, il est impossible de vérifier l'information. « Regardez mon train de vie », a-t-il lancé comme preuve de sa bonne foi.

« C'est pitoyable de voir que des gens, non seulement reculent 20 ans en arrière, mais vont en plus fouiller dans des papiers de divorce pour faire du salissage », dénonce-t-il.

Couillard dévoile un avis juridique

Lors du débat de jeudi, Philippe Couillard a aussi été attaqué sur ses liens avec l'ancien directeur général du CUSM Arthur Porter, aujourd'hui accusé de complot pour fraude et d'abus de confiance. Les deux hommes ont enregistré une compagnie ensemble en 2010. Elle a été dissoute deux ans plus tard. 

M. Couillard a présenté vendredi un avis légal pour démontrer que cette compagnie n'avait jamais été active et qu'il n'y avait donc pas d'états financiers. Mais le chef caquiste, François Legault, les réclame toujours, affirmant que leur inexistence serait illégale. 

M. Couillard ne croit pas que ces événements passés nuiront à sa campagne. Selon lui, les Québécois verront en lui un chef « digne », qui « reçoit de la boue, mais qui ne veut pas en lancer à ses adversaires ».

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