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28/03/2014 01:39 EDT | Actualisé 28/05/2014 05:12 EDT

Le régime syrien bloque l'aide humanitaire, accuse une responsable de l'ONU

BEYROUTH - La responsable des affaires humanitaires aux Nations unies a durement critiqué le gouvernement syrien pour l'absence de progrès dans l'acheminement de l'aide humanitaire aux civils dans le besoin en Syrie, affirmant devant le Conseil de sécurité, vendredi, que la rétention des cargaisons d'aide aux frontières était «arbitraire et injustifiée».

Valerie Amos, chef du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU, a livré son premier compte rendu depuis que le Conseil de sécurité a approuvé, le mois dernier, une résolution demandant au gouvernement syrien et à l'opposition de permettre l'acheminement immédiat de l'aide humanitaire dans toutes les régions du pays.

Les membres du conseil ont indiqué qu'ils discuteraient au cours des prochaines semaines des «étapes supplémentaires» prévues dans la résolution si les deux parties ne s'y conforment pas.

L'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Samantha Power, a déclaré que le récit de Mme Amos avait été «douloureux» et que le gouvernement syrien avait «complètement omis de se conformer» à la résolution.

Plus tôt jeudi, l'organisation américaine Human Rights Watch (HRW) avait accusé le régime syrien d'interférer dans l'aide humanitaire en interdisant aux agences caritatives d'utiliser les postes frontaliers contrôlés par l'insurrection. Cette pratique empêche quelque trois millions de Syriens dans des zones difficiles d'accès de recevoir de l'aide, selon l'organisation.

HRW affirme que le gouvernement syrien permet seulement aux organisations humanitaires d'utiliser un poste qu'il contrôle le long de la frontière avec la Turquie, près de la ville de Qamishli, dans le nord du pays.

Règle générale, les agence d'aide humanitaire ne traversent une frontière qu'avec la permission du gouvernement, même si celui-ci n'est pas en contrôle de la région concernée. Les rebelles syriens se sont emparés de plusieurs postes frontaliers au cours des trois dernières années.

À ce jour, les agences partenaires de l'ONU ont reçu la permission d'effectuer trois missions vers des zones rebelles à partir de Qamishli, ce qui implique de traverser des dizaines de points de contrôle et décuple parfois la longueur du trajet, selon HRW.

L'organisation new-yorkaise accuse le régime du président Bachar el-Assad de punir les civils qui se trouvent dans les zones contrôlées par l'opposition.

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