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28/03/2014 12:05 EDT | Actualisé 28/05/2014 05:12 EDT

Le difficile hiver a retardé l'ouverture de la voie maritime du St-Laurent

MONTRÉAL - Avec les températures hivernales qui ont engendré les conditions de navigation les plus difficiles depuis des décennies, la 56e saison de navigation du Saint-Laurent s'ouvrira avec un peu de retard, ce qui ne devrait toutefois pas trop heurter la saison 2014 de la voie maritime.

La voie maritime ouvre officiellement vendredi au canal Welland, à St. Catharines en Ontario. Au bout de la voie, à Montréal, l'ouverture est prévue lundi. Les deux dates affichent un retard, respectivement, de six et neuf jours par rapport à l'an dernier, ce qui fait de cette ouverture la plus tardive depuis 2009.

Après une période de réchauffement de 10 ans, cet hiver, l'un des plus rigoureux depuis des années, a vu se former les glaces les plus épaisses depuis des dizaines d'années, selon Terence Bowles, le président et chef de la direction de la Corporation de Gestion de la Voie Maritime du Saint-Laurent.

«Nous avons connu l'un des hivers les plus difficiles depuis longtemps et nous avons eu un important couvert de glace partout sur le réseau, particulièrement dans les Grands Lacs mais aussi dans le réseau des canaux», a détaillé M. Bowles.

L'ouverture tardive de la saison de navigation est d'ailleurs une source d'inquiétude pour les expéditeurs et les clients, qui comptent sur elle pour le transport de biens commerciaux.

Parmi eux, les producteurs de céréales sont particulièrement impatients de pouvoir poursuivre l'expédition des récoltes exceptionnelles de l'an dernier, du terminal de Thunder Bay, en Ontario, vers les marchés de l'Europe, du Moyen-Orient, de l'Afrique et de l'Amérique latine.

Mais selon M. Bowles, les glaces entraineront des délais qui auront un impact économique sur les compagnies de transport.

Les brise-glaces de la Garde côtière canadienne travaillent présentement sans relâche pour assurer un passage des Grands Lacs à Montréal. À chaque saison, les brise-glaces des gardes côtières canadienne et américaine jouent un rôle primordial. Cette année, ils ont été appelés pour la première fois le 15 décembre, pour frayer un chemin entre Welland et les premières écluses, à Saint-Lambert, au Québec.

Le président de la Chambre de commerce maritime, Stephen Brooks, qui représente les propriétaires de navires, les ports et les clients, affirme que les gardes côtières et l'industrie collaborent étroitement pour surmonter le plus grand défi rencontré en 20 ou 30 ans.

«Dans ces circonstances et étant donné les défis qu'elles posent, les efforts déployés sont admirables», a-t-il commenté.

Bien qu'exceptionnelle avec 76 millions de tonnes — une augmentation de 50 pour cent par rapport à l'année précédente —, la récolte de céréales de l'an dernier a été tardive. Cela a causé une baisse des livraisons de 3,2 pour cent, baisse qui devrait être compensée par une augmentation cette année.

«De toute évidence, il faut expédier ce blé par train à Thunder Bay, d'où nous l'enverrons», a exposé Terence Bowles, qui se dit également encouragé par l'augmentation du transport céréalier par le Canadien National (TSX:CNR) et le Canadien Pacifique (TSX:CP).

Le gouvernement fédéral a déposé cette semaine une loi visant à augmenter le transport des céréales retenues dans les Prairies en raison d'un goulot d'étranglement dans le transport ferroviaire. Plus tôt ce mois-ci, Ottawa avait ordonné aux transporteurs ferroviaires de doubler le montant de céréales livré par semaine, jusqu'à un minimum d'un million de tonnes réparties dans 11 000 wagons chaque semaine.

«Plutôt optimistes»

L'ouverture tardive de la saison ne devrait toutefois pas empêcher la voie maritime de connaître une saison 2014 plus occupée. M. Bowles estime qu'au moins 38 millions de tonnes de biens voyageront sur la voie maritime, une augmentation de 2,7 pour cent par rapport à 2013.

«Les économies des États-Unis et de l'Europe s'améliorent, particulièrement celle de l'Europe, donc nous sommes plutôt optimistes quant à l'amélioration des affaires par rapport à l'an dernier», a affirmé le dirigeant de la plus importante voie de transport des Grands Lacs au Canada.

La voie maritime du Saint-Laurent compte sur la nouvelle vigueur de l'économie des États-Unis pour expédier davantage de minerai de fer, d'acier, de produits automobiles et de matériaux de construction tels du ciment et des agrégats.

Par ailleurs, le dur hiver n'aura peut-être pas eu que des inconvénients. La compagnie Algoma Central s'attend à enregistrer des profits, en expédiant non seulement la spectaculaire récolte de céréales, mais aussi du sel, abondamment utilisé cet hiver.

«Nous abordons cette saison avec optimisme, a affirmé le président Greg Wight. Le début de la saison sera difficile, mais en examinant un portrait plus général, nous pensons que beaucoup de bonnes choses se présenteront, ce qui devrait nous permettre d'occuper tout notre personnel.»

Alors que l'industrie du transport investit massivement dans de nouveaux cargos, plus rapides et moins énergivore, la voie maritime prévoit améliorer ses infrastructures en investissant 500 millions $ sur cinq ans. Cette année seulement, 83 millions $ devraient être investis au Canada et 14 millions $ US aux États-Unis.

L'extension du système d'amarrage mains libres à Beauharnois et trois nouvelles écluses, à Saint-Lambert, Beauharnois et Welland, sont notamment dans les plans.

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