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28/03/2014 10:47 EDT | Actualisé 28/05/2014 05:12 EDT

Afghanistan: les talibans attaquent la résidence d'une ONG à Kaboul

Des insurgés talibans ont fait exploser vendredi une voiture bourrée d'explosifs contre une résidence abritant l'ONG Roots of Peace à Kaboul, avant d'y pénétrer et de déclencher une fusillade, faisant au moins trois blessés, a-t-on appris de sources concordantes.

"Notre résidence est attaquée", a déclaré à l'AFP Sharif Osmani, le directeur pour l'Afghanistan de Roots of Peace, organisation basée aux Etats-Unis s'occupant de programmes de réhabilitation des champs de mines.

"Trois Afghans ont été blessés et trois autres personnes sont toujours à l'intérieur", a-t-il ajouté.

Le chef de la police de Kaboul, Mohammad Zaher, a indiqué de son côté que deux Américains, un Péruvien, un Malaisien et un garde africain se trouvaient "toujours" dans l'édifice. Il n'était toutefois pas possible de confirmer à ce stade leur nationalité de manière indépendante.

"Nous avons pu secourir (un) Australien mais les autres y sont toujours", a-t-il dit.

"La police a pris position sur le toit et cherche les terroristes dans le bâtiment", a précisé Sayed Gul Agha Hashemi, chef de la police criminelle de Kaboul.

L'attaque a été lancée vers 16H00 (11H30 GMT) quand une voiture piégée a explosé devant le bâtiment, dans lequel a ensuite pénétré un groupe de quatre assaillants, selon des sources policières. L'un d'eux a été tué, a déclaré Mohammad Ayub Salangi, vice-ministre afghan de l'Intérieur.

Un photographe de l'AFP sur place a vu la police locale escorter des étrangers, dont des enfants, à l'extérieur de l'édifice, situé dans l'ouest de Kaboul à proximité de l'ambassade d'Ouzbékistan.

Les talibans ont aussitôt revendiqué cette attaque perpétrée près d'une semaine après le raid d'un commando taliban contre l'hôtel Serena ayant fait neuf morts, dont quatre étrangers et le journaliste afghan de l'Agence France-Presse (AFP) Sardar Ahmad.

Il s'agit de la quatrième attaque visant des étrangers ou des lieux fréquentés par les étrangers à Kaboul depuis le début de l'année, après l'attentat contre la Taverne du Liban en janvier (21 morts, dont 13 étrangers), le meurtre du journaliste anglo-suédois Nils Horner début mars et le drame du Serena.

Ces nouvelles violences interviennent à une semaine seulement du premier tour de la présidentielle afghane qui doit déterminer le successeur de Hamid Karzaï à la tête de l'Etat, ce dernier ne pouvant briguer un troisième mandat, selon la Constitution.

Les talibans du mollah Omar ont promis de multiplier les attaques, notamment contre les étrangers et le personnel électoral, afin de "perturber" ce scrutin clé pour la transition démocratique en Afghanistan, pays d'environ 28 millions d'habitants miné par trois décennies de guerre.

Mardi, les violences avaient fait quinze morts dans le pays, dont cinq lors de l'attaque par un commando suicide taliban d'un bureau de la commission électorale à Kaboul.

L'attaque du Serena avait elle aussi été revendiquée par les talibans, mais les autorités afghanes ont accusé cette semaine les services secrets pakistanais (ISI) d'avoir été "impliqués" dans sa préparation, des allégations démenties par Islamabad.

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