NOUVELLES
28/03/2014 11:34 EDT | Actualisé 28/05/2014 05:12 EDT

Élections 2014 - Référendum sur la souveraineté: Jean-François Lisée dit n'avoir jamais été aussi «pessimiste»

PC

MONTRÉAL - S'ils sont reportés au pouvoir, les péquistes comptent instaurer une épreuve uniforme de français dans les cégeps anglophones dont la réussite sera obligatoire pour l'obtention d'un diplôme d'études collégiales (DEC).

Les troupes de Pauline Marois souhaitent ainsi contribuer au rehaussement du niveau de maîtrise de la langue de Molière chez les étudiants qui fréquentent le réseau collégial anglophone du Québec.

On avait d'abord laissé entendre, du côté du Parti québécois (PQ), vendredi matin, que l'atteinte de cet objectif passerait par l'ajout de cours obligatoires dans le curriculum collégial anglophone.

«Nous croyons que les jeunes qui sont dans les cégeps anglophones doivent avoir la possibilité et l'obligation d'apprendre le français pour être capables de le maîtriser», avait indiqué la leader péquiste en conférence de presse en matinée dans une école montréalaise.

Or, il s'avère que le cursus scolaire collégial anglophone compte déjà deux cours de français imposés. Les stratèges ont donc rajusté le tir en milieu d'après-midi et précisé que le plan était plutôt de mettre sur pied une épreuve uniforme obligatoire.

Mais qu'il s'agisse d'un examen, de cours ou de soutien linguistique, le but demeure le même: le PQ veut éviter un «déversoir vers les cégeps anglophones au nom du fait de ne pas pouvoir apprendre» une langue, a spécifié Diane De Courcy, qui pilotait le projet de loi 14 sur la modification de la Charte de la langue française.

Celui-ci a pris le chemin des poubelles, faute d'appui des partis d'opposition à l'Assemblée nationale. Le Parti québécois s'est engagé vendredi à revenir à la charge avec une nouvelle mouture du projet de loi, qui serait suivi d'un autre portant notamment sur les écoles passerelles.

Du côté des entreprises, les péquistes comptent resserrer la vis: les compagnies qui inscrivent la maîtrise de l'anglais comme critère d'embauche devraient prouver que cette aptitude est «nécessaire», a précisé Mme Marois.

«C'est une action que nous voulons mener avec la Charte (de la langue française), à savoir qu'on devra faire la preuve que la personne doit être bilingue. Sinon, on n'aura pas le droit de demander à des personnes le bilinguisme pour avoir accès à un emploi», a-t-elle martelé.

Cette annonce sur la langue tombait à point nommé pour la leader péquiste, au lendemain d'une joute oratoire où son rival libéral, Philippe Couillard, a été vertement critiqué en raison d'une déclaration sur la maîtrise de la langue anglaise en milieu de travail.

Pauline Marois ne s'est évidemment pas fait prier pour en remettre une couche.

«Philippe Couillard pense que les Québécois devraient moins se distinguer. Le chef d'un parti qui aspire à diriger la seule nation francophone d'Amérique du Nord voudrait qu'on mette de côté ce qui nous distingue. (...) C'est sidérant», a-t-elle suggéré.

Selon la chef péquiste, la langue française est en recul, en particulier dans la région montréalaise, et la faute en incombe aux libéraux.

Référendum: le PQ s'ajuste

Les péquistes semblent vouloir faire oublier l'épouvantail référendaire qu'agite le chef libéral Philippe Couillard depuis le début de la campagne. Après Pauline Marois, jeudi soir, c'était au tour de Jean-François Lisée de faire une sortie sur le sujet, vendredi matin.

Les Québécois ont une «grande crainte» d'un troisième échec référendaire et hésitent pour cette raison à se lancer de nouveau dans l'aventure, estime M. Lisée, qui dit n'avoir jamais été aussi «pessimiste» quant à la tenue prochaine d'un référendum sur la souveraineté du Québec.

«Là, on le voit bien qu'ils ne sont pas prêts. Puis franchement, moi j'ai toujours été optimiste sur la souveraineté, vous savez. J'ai rarement été aussi pessimiste que maintenant», a laissé tomber le candidat péquiste de Rosemont, qui participait à une annonce sur la langue.

«J'ai été très frappé du signal qui a été envoyé par les Québécois au début de cette campagne. Très frappé. Je suis pessimiste sur la possibilité d'avoir un référendum dans ce premier mandat», a ajouté M. Lisée.

La veille, au terme du débat électoral, Pauline Marois avait affirmé qu'«à ce moment-ci» elle était «bien consciente» que les Québécois ne voulaient pas d'un référendum.

«Et s'ils n'en veulent pas, je vais être capable de les écouter », a-t-elle assuré lors de la période de questions.

Mais par quelle voie les citoyens s'exprimeront-ils sur la question? Des sondages? Des consultations pré-référendaires?

La chef péquiste — qui a précisé que de nature, elle faisait plutôt partie du camp des «optimistes» après l'intervention de M. Lisée — n'a pas voulu dire ce qui était dans les cartons.

INOLTRE SU HUFFPOST

Les pancartes détournées de la campagne électorale