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27/03/2014 05:33 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

Xi Jinping achève sa visite en France par le faste de Versailles

Le président chinois Xi Jinping achève jeudi sa visite d'Etat en France par un dîner fastueux au château de Versailles avec François Hollande au lendemain de la conclusion de contrats commerciaux pour 18 milliards d'euros entre la France et le géant chinois.

Le numéro un chinois, qui impose un style plus décontracté que ses prédécesseurs, doit prononcer un discours au siège de l'Unesco dans la matinée. A l'issue de son intervention, son épouse, la chanteuse populaire Peng Liyuan, sera nommée envoyé spéciale de l'Unesco pour la promotion de l'éducation des filles et des femmes.

Et après un déjeuner avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, M. Xi aura des entretiens avec les présidents des chambres du Parlement avant de rejoindre François Hollande au Quai d'Orsay pour une allocution consacrée aux 50 ans des relations diplomatiques entre la Chine et la France.

La soirée au château de Versailles, une première pour un chef d'Etat chinois, sera le point final d'une visite de trois jours pendant laquelle Paris s'est fait l'ardent avocat d'un rééquilibrage des relations commerciales entre les deux pays. Le couple chinois et le président français visiteront la célèbre Galerie des Glaces avant d'assister à un concert privé à l'Opéra Royal.

Au programme: musiques traditionnelles et contemporaines chinoises et airs célèbres français. Et ensuite direction le Grand Trianon pour un dîner privé préparé par le chef multi-étoilé Alain Ducasse.

- Déficit abyssal avec la Chine -

La journée de mercredi avait été consacrée à une moisson de contrats commerciaux entre les deux pays pour un montant de 18 milliards de dollars.

Parmi ces contrats, la commande par la Chine de 70 Airbus d'une valeur de 7 milliards d'euros, la production conjointe de 1.000 hélicoptères par la société européenne et la chinoise Avicopter ou encore la formalisation de l'accord sur l'entrée au capital du groupe PSA Peugeot Citroën de l'État français et du constructeur automobile chinois Dongfeng.

"Sur le plan bilatéral, nous avons d'excellentes relations même si nous avons un devoir pour ce qui nous concerne, c'est de rééquilibrer le commerce extérieur entre nos deux pays", a déclaré M. Hollande au début de son entretien avec Xi Jinping au palais présidentiel de l'Elysée.

L'an dernier, la France accusait encore un déficit abyssal de 26 milliards d'euros à l'égard de la Chine, soit près de 40% du total du déficit de son commerce extérieur.

"Dix-huit milliards d'euros de contrats, c'est de l'emploi", a-t-il encore souligné au moment même où étaient annoncés de très mauvais chiffres du chômage pour le mois de février en France, avec un nouveau record de 3,34 millions demandeurs d'emplois.

Le quotidien Libération relativisait jeudi l'importance de ces contrats pour l'emploi en France, soulignant que la plupart d'entre eux "seront réalisés sur le sol chinois". "Plusieurs groupes chinois vont donc récupérer à la fois des usines et les technologies d'industriels" français, note Libération.

Au-delà du commerce, François Hollande a souhaité que la Chine organise "très prochainement" un sommet du G20, ce qui constituerait une première, manière de souligner son rôle croissant sur la scène internationale.

Il a souligné aussi les convergences de vues entre les deux pays sur les grands dossiers internationaux, la Syrie, l'Iran, le Moyen-Orient et l'Ukraine. Dans une allusion au rattachement de la Crimée à la Russie, il a relevé que Paris tout comme Pékin avaient "voulu que le XXIe siècle ne soit pas celui des annexions et des séparatismes".

Il n'en a pas moins mentionné brièvement les "droits de l'Homme auxquels la France est attachée" lors d'un échange de toasts avec son hôte chinois à l'occasion du dîner d'Etat qui les réunissait dans la soirée à l'Elysée.

Jeudi matin, l'association Reporters sans frontières (RSF) a mené une opération de protestation à Paris : un portrait géant du président chinois faisant un bras d'honneur, grâce à un photomontage, et qui portait la mention "sans liberté de l'information, pas de contre-pouvoir" a été déployé devant la Tour Eiffel.

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