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27/03/2014 07:35 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

Scandale des centrales: Wynne prend ses distances par rapport à McGuinty

TORONTO - La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a pris ses distances par rapport à son prédécesseur Dalton McGuinty, jeudi, en raison de nouvelles allégations selon lesquelles le chef de cabinet de M. McGuinty pourrait avoir commis un abus de confiance dans la foulée du scandale entourant deux projets annulés de centrales électriques au gaz naturel.

Selon des documents judiciaires récemment divulgués, la Police provinciale de l'Ontario soupçonne David Livingston d'avoir permis à un consultant en informatique externe d'avoir accès à 24 ordinateurs appartenant au bureau du premier ministre ontarien.

Toujours d'après les documents, M. Livingston a demandé une autorisation spéciale pour accéder aux ordinateurs afin d'effacer le contenu des disques durs après que Dalton McGuinty eut démissionné à la suite de la controverse causée par la coûteuse annulation des deux projets de centrales.

Ils soutiennent que durant la période de transition entre le gouvernement de M. McGuinty et celui de Mme Wynne, David Livingston s'est arrangé pour que son adjointe, Wendy Wai, obtienne un accès spécial aux ordinateurs dans le bureau du premier ministre, même si cette dernière connaissait peu de choses en informatique.

Cet accès aurait été en vigueur du 4 février au 20 mars 2013, a indiqué le corps policier.

Kathleen Wynne a été assermentée le 11 février, date à laquelle, en principe, David Livingston et d'autres membres du personnel de M. McGuinty ont perdu le droit de pénétrer dans le bureau du premier ministre, selon le personnel de Mme Wynne.

La police affirme que c'est Peter Faist, un homme présenté comme étant le conjoint de Laura Miller, la directrice adjointe des communications du cabinet McGuinty, qui a finalement accédé aux ordinateurs grâce aux privilèges accordés à Mme Wai.

M. Faist n'a jamais été officiellement embauché par le gouvernement et n'a pas été soumis aux vérifications de sécurité exigées, mentionnent les documents.

Jeudi, Mme Wynne a qualifié les plus récentes allégations de «très dérangeantes».

«Ce n'est pas comme cela qu'un gouvernement devrait fonctionner, ce n'est pas comme ça qu'un bureau de premier ministre devrait fonctionner et ce n'est pas comme ça que mon bureau fonctionne, a-t-elle martelé. Je veux que ce soit clair: cet individu ne travaille pas et n'a jamais travaillé pour mon bureau ni pour mon gouvernement.»

La Police provinciale de l'Ontario a obtenu un mandat de perquisition pour saisir les disques durs des ordinateurs du gouvernement se trouvant dans les locaux de ReCall, un centre de stockage de données situé à Mississauga, en février.

Cette opération fait partie de l'enquête sur la suppression illégale de courriels gouvernementaux concernant les controversés projets de centrales au gaz qui ont été annulés par les libéraux avant les élections de 2011.

L'investigation a été lancée en juin dernier après que les progressistes-conservateurs se furent plaints que les courriels avaient été délibérément supprimés par le personnel de Dalton McGuinty.

La commissaire à l'information et à la protection de la vie privée de l'Ontario, Ann Cavoukian, a décrété que d'importants libéraux du bureau de M. McGuinty avaient enfreint la loi en agissant ainsi.

Les partis d'opposition soutiennent que les courriels ont été effacés pour dissimuler le coût réel de l'annulation des projets de centrales, que le vérificateur général de la province a estimé à 1,1 milliard $, soit beaucoup plus que les 230 millions $ avancés par le gouvernement.

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