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27/03/2014 02:15 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Réactions partagées aux projets de loi sur l'aide médicale à mourir d'un député conservateur

Un texte de Bouchra Ouatik

Les deux projets lois déposés aujourd'hui par le député conservateur Steven Fletcher, pour décriminaliser le suicide assisté et l'euthanasie, suscitent des réactions partagées au Manitoba.

Les projets de loi de l'ex-ministre conservateur visent à permettre l'aide médicale à mourir ainsi que la mise sur pied d'une commission sur le sujet. Ces projets vont à l'encontre de la position officielle du gouvernement et le ministre fédéral de la Justice Peter McKay a d'ailleurs indiqué que le gouvernement n'allait pas rouvrir le débat.

Dans la circonscription de Charleswood-St-James-Assiniboia, que représente le député, certains résidents soulignent que le suicide assisté est un sujet délicat. « Qui prendra la décision? Est-ce le patient, le médecin ou la famille? » se demande un citoyen, Derek Bergeron. « Il y a beaucoup de questions auxquelles personne ne répond. »

L'infirmière Stacey Lyons croit que les gens doivent d'abord être bien informés avant de se prononcer. « Les enjeux de fin de vie sont très subjectifs. C'est vraiment une question éthique et c'est très personnel. »

La présidente de l'organisme Toujours Vivant, Amy Hasbruck, désapprouve l'initiative de Steven Fletcher. Elle soutient que les méthodes pour soulager la douleur sont suffisamment avancées. Elle ajoute que les patients peuvent demander la sédation palliative s'ils souhaitent arrêter leur traitement. Amy Hasbruck s'inquiète également des effets négatifs que pourrait avoir un tel projet sur la prévention contre le suicide.

La présidente de l'Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité, Hélène Bolduc, croit quant à elle que les soins palliatifs ne suffisent pas toujours. « Objectivement, il y a 6 ou 7 % de la population qui n'est pas soulagée tellement leur mal est horrible », dit-elle.

Selon le professeur en éthique appliquée de l'Université du Manitoba, Arthur Schafer, une majorité de Canadiens seraient favorables à des projets de loi comme ceux déposés par le député conservateur. « Je crois que les Canadiens peuvent s'attendre à ce que la loi change d'ici quelques années. »

De passage à Winnipeg mercredi, le chef de l'opposition officielle, Thomas Mulcair s'est prononcé en faveur d'un débat sur la question. « C'est un dossier complexe qui n'a pas qu'une seule réponse, mais ça exige la collaboration du gouvernement fédéral avec les provinces et territoires, parce que les provinces livrent les services de santé et le fédéral est responsable du Code criminel. Il est évident que la loi doit être modernisée pour tenir compte de certaines réalités. »

Plus de 200 autres projets de loi devront toutefois être étudiés avant ceux de Steven Fletcher qui risquent donc de mourir au Feuilleton. La Chambre des communes avait rejeté un projet de loi similaire présenté en 2010 par la députée bloquiste Francine Lalonde.

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