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27/03/2014 10:11 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

La Japon libère le plus ancien condamné à mort de la planète

TOKYO - Le plus ancien condamné à mort de la planète a été remis en liberté par un tribunal japonais qui a conclu, jeudi, que les policiers avaient probablement fabriqué les preuves qui l'ont envoyé en prison pendant près de 50 ans.

Un tribunal de la ville de Shizuoka a suspendu la condamnation à mort et ordonné la tenue d'un nouveau procès pour Iwao Hakamada. L'homme de 78 ans avait été reconnu coupable de meurtre en 1966 et condamné à mort en 1968. Il a passé 45 de ses 48 années en prison en attente de son exécution, ce qui fait de lui le plus ancien condamné à mort de la planète, selon la maison Guiness.

Quelques heures plus tard, M. Hakamada a quitté le Centre de détention de Tokyo en compagnie de sa soeur, alors que des dizaines de journalistes et de partisans l'attendaient à l'extérieur. M. Hakamada a jeté un coup d'oeil rapide autour de lui avant de s'engouffrer dans une voiture et de quitter sans dire un mot.

M. Hakamada n'a jamais été exécuté en raison de la lenteur du processus d'appel. La Cour suprême a mis 27 ans à rejeter sa première demande d'un nouveau procès. Il a logé un deuxième appel en 2008, et la justice a finalement tranché en sa faveur jeudi.

M. Hakamada avait été reconnu coupable des meurtres d'un homme et de sa famille, pour qui il travaillait, et d'avoir incendié leur demeure.

Le tribunal a statué jeudi que les éléments génétiques obtenus par les avocats de M. Hakamada portent à croire que les policiers avaient fabriqué les preuves contre lui. Des taches de sang retrouvées sur cinq vêtements — qui, selon la police, avaient été portés par le suspect au moment du crime — ne correspondent pas à l'ADN de M. Hamada.

De plus, des pantalons présentés en preuve étaient trop petits pour lui et il a été incapable de les enfiler quand on le lui a demandé.

M. Hakamada était passé aux aveux au terme d'un interrogatoire de 20 jours, mené sans la présence de son avocat.

«Si jamais il y a eu un cas qui mérite un nouveau procès, c'est bien celui-ci, a dit par voie de communiqué l'organisation Amnesty International. Les autorités japonaises devraient avoir honte du traitement barbare imposé à Hakamada.»

Les procureurs n'excluent pas de porter la décision en appel.

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