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27/03/2014 10:58 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

Des élus américains pressent Obama d'évoquer les droits de l'homme à Ryad

Des dizaines d'élus américains ont pressé Barack Obama d'évoquer publiquement les "violations systématiques des droits de l'homme" par l'Arabie saoudite, l'un des principaux alliés de Washington au Moyen-Orient, lors de sa visite à Ryad vendredi.

Le président américain est attendu vendredi en fin de journée en Arabie saoudite, quatrième et dernière étape d'une tournée étrangère qui l'a mené aux Pays-Bas, en Belgique et en Italie depuis le début de la semaine. La Maison Blanche a annoncé sur le tard ce crochet par la péninsule arabique, suscitant des spéculations sur la motivation de cette seconde visite de M. Obama en cinq ans de mandat à Ryad.

Soixante-cinq membres du Congrès américain ont appelé le président à mettre sur la table à cette occasion le délicat dossier des droits de l'homme, y compris les efforts de militantes pour défier l'interdiction faites aux femmes de conduire dans le royaume.

"Nous vous demandons instamment de combiner actions symboliques et plaidoyer direct en faveur de réformes sur les droits de l'homme", soulignent ces élus menés par les conservateurs Trent Franks et Frank Wolf, dans une lettre adressée mercredi soir à M. Obama.

"Vos réunions avec le roi Abdallah et d'autres responsables (du régime) seront une opportunité pour intégrer aux relations américano-saoudiennes les inquiétudes sur la situation des droits de l'homme" dans le pays, poursuit le groupe d'élus des deux partis.

Evoquant les discriminations systématiques des minorités, les interdictions de rassemblements publics, l'emprisonnement de chefs militants des droits de l'homme ou encore la suppression de la liberté d'expression, les membres du Congrès affirment que le gouvernement de Ryad doit "cesser l'usage de la torture et réformer les nouvelles lois soi-disant +anti-terroristes+ qui criminalisent quasiment toute forme de dissidence pacifique".

Ils appellent également M. Obama à mettre l'accent sur "le traitement oppressif des femmes et des minorités religieuses" dans le pays.

Conclue à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'alliance américano-saoudienne repose sur la sécurité fournie au royaume par les Etats-Unis en échange de contrats pétroliers.

L'Arabie, pilier de l'Opep, est le premier producteur et le premier exportateur de pétrole. En 2012, le pays restait le second exportateur d'or noir aux Etats-Unis, après le Canada.

Mais ces derniers mois, le ton a tourné à l'aigre, l'Arabie ne ménageant pas ses critiques contre l'attitude des Etats-Unis dans la région, sur des dossiers comme les négociations nucléaires avec l'Iran et le conflit en Syrie.

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