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26/03/2014 05:39 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Ukraine: le nouveau pouvoir change le patron de la télévision publique

Le nouveau gouvernement ukrainien a limogé mercredi le patron de la télévision publique, nommé sous le président déchu Viktor Ianoukovitch, et nommé à sa place un journaliste proche du nouveau pouvoir pro-européen.

La nomination de Zourab Alassania, "proposée par des représentants de la communauté médiatique" et approuvée mardi en conseil des ministres, a été annoncée dans un communiqué du gouvernement.

Il remplace Olexandre Panteleïmonov, en place depuis début 2013, et accusé de propagande en faveur du régime de M. Ianoukovitch, au point d'avoir été brutalisé la semaine dernière par des députés du parti nationaliste Svoboda qui voulaient le contraindre à la démission.

L'incident a provoqué une levée de boucliers au sein de la classe politique et parmi les associations de défense des droits de l'homme, d'autant que les élus en cause appartiennent à la commission du Parlement en charge de la liberté de la presse.

Zourab Alassania dirige le site local d'informations MediaPort.ua à Kharkiv, ville à majorité russophone à la frontière russe où il a dirigé la télévision et la radio publique entre 2005 et 2010. Son site participatif, très actif sur les réseaux sociaux, s'est fait largement l'écho de la contestation contre M. Ianoukovitch.

Il fait aussi partie des fondateurs de la télévision en ligne Hromadske. Cette chaîne a acquis une forte audience au fil de la crise politique entamée il y a quatre mois en retransmettant en direct les événements sur Maïdan et en lui consacrant de nombreux débats dans son studio de fortune, pendant que les chaînes publiques diffusaient surtout le point de vue du pouvoir.

Dans un entretien à son site MediaPort, M. Alassania a indiqué vouloir transformer la télévision d'Etat en une structure indépendante.

Les autorités de transition mises en place après la fuite de M. Ianoukovitch ont par ailleurs accusé les télévisions russes, très suivies dans l'Est russophone, d'alimenter les tensions séparatistes en reprenant abondamment la rhétorique de Moscou sur le dossier ukrainien. Mardi, un tribunal de Kiev a interdit la diffusion sur le territoire ukrainien de ces chaînes.

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