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26/03/2014 09:27 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Sri Lanka: Pillay demande une enquête internationale sur des crimes de guerre (ONU)

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a demandé mercredi une enquête internationale sur les crimes de guerre qui auraient été commis lors du conflit entre l'armée sri-lankaise et la guérilla tamoule, qui s'est achevée en mai 2009.

"Cinq ans après la fin du conflit, il est important de rappeler l'ampleur et la gravité des violations qui auraient été commises par l'Etat et les LTTE (les Tigres de libération de l'Eelam Tamoul) qui ont provoqué des milliers de morts, blessés et disparus", a déclaré Mme Pillay devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

"Une enquête internationale n'est pas seulement nécessaire mais possible et peut jouer un rôle positif pour divulguer de nouvelles informations. Cela est essentiel pour faire progresser le droit à la vérité pour tous", a-t-elle dit, alors qu'une résolution en ce sens, soutenue notamment par les Etats-Unis et la France, devrait être votée jeudi par le Conseil.

"Récemment, le gouvernement a établi différents mécanismes afin d'enquêter sur les violences passées, mais ils n'étaient pas assez indépendants pour inspirer confiance aux victimes et aux témoins", a-t-elle déploré.

"Par ailleurs, de nouveaux éléments continuent d'apparaître et des témoins souhaitent témoigner devant des mécanismes internationaux dans lesquels ils ont confiance et qui peuvent garantir leur protection", a-t-elle ajouté, se disant par ailleurs inquiète par des abus récemment commis au Sri Lanka, dont des attaques contre les minorités religieuses et les défenseurs des droits de l'Homme.

Le conflit entre la guérilla tamoule et l'armée a duré de 1972 à 2009 et a fait, selon des estimations de l'ONU, quelque 100.000 morts au total.

En 2011, des experts de l'ONU ont accusé Colombo d'avoir causé des "dizaines de milliers de morts" lors de l'offensive finale de l'armée contre les LTTE, eux aussi accusés de violations des droits de l'homme.

Ces dernières années, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a demandé à plusieurs reprises au Sri Lanka de garantir l'indépendance des enquêtes et a offert son aide technique à Colombo.

Estimant que le gouvernement sri-lankais avait eu cinq ans depuis la fin du conflit pour établir les responsabilités d'éventuels crimes de guerre et engager des poursuites et jugeant que les résultats en ce sens n'étaient pas suffisants, le Haut-Commissariat a décidé de demander pour la première fois cette année une enquête internationale.

Le Sri Lanka a jusqu'à présent rejeté l'ouverture de toute enquête indépendante. Mercredi, son représentant auprès de l'ONU à Genève, Ravintha P. Aryasinha, s'est insurgé contre la demande faite par Mme Pillay, estimant que ses recommandations sont marquées "par des préjugés et la politisation" et a dénoncé "une ingérence dans les affaires d'un état souverain". Une "ingérence" également dénoncée par le représentant russe auprès du Conseil.

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