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26/03/2014 08:09 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Pays-Bas : l'assassin de Pim Fortuyn bientôt libéré

L'assassin du leader populiste néerlandais Pim Fortuyn, tué en 2002, sera bientôt libéré, ont annoncé mercredi les autorités des Pays-Bas, où la mort de ce politicien controversé reste une question sensible.

Volkert van der Graaf "doit pouvoir être libéré sous conditions à partir du 2 mai prochain", a déclaré le secrétaire d'Etat à la Justice Fred Teeven lors d'une conférence de presse, revenant de la sorte sur une décision prise en octobre.

"Les conclusions de tous les avis et enquêtes vont dans la même direction, à savoir que les chances de récidive sont faibles", a-t-il ajouté.

Des conditions strictes seront imposées à la libération de Volkert van der Graaf, qui a purgé les deux-tiers de sa peine : il devra se manifester auprès des autorités une fois par semaine et porter un bracelet électronique.

Il ne pourra pas en outre se rendre à Rotterdam, ville où Pim Fortuyn a été actif politiquement, à La Haye, siège du gouvernement, et à Hilversum, où l'assassinat a été commis, et ne pourra pas s'adresser à la presse.

Militant de la cause animale, Volkert van der Graaf avait été condamné en 2003 à 18 ans de prison pour avoir assassiné Pim Fortuyn de six balles le 6 mai 2002, à Hilversum, dans le centre des Pays-Bas, à quelques jours des élections législatives.

L'assassinat avait profondément choqué les Pays-Bas, où il continue d'être une question très sensible, même plus d'une décennie après les faits.

Un organe judiciaire consultatif avait estimé en octobre que Volkert van der Graaf, 44 ans, pouvait être libéré sous conditions, mais M. Teeven, à qui appartenait la décision finale, l'avait alors refusée, craignant "un danger de graves troubles de l'ordre public".

Après une polémique ayant notamment mené à un débat au parlement, de nouveaux examens psychologiques ont été menés.

Aux Pays-Bas, la libération conditionnelle peut être accordée après qu'un détenu a purgé les deux tiers de sa peine.

Mort à 54 ans, le charismatique Pim Fortuyn, ancien professeur de sociologie qui ne faisait pas mystère de son homosexualité, avait décoché ses flèches les plus acérées vers l'islam, une religion qu'il qualifiait de "rétrograde".

Lors de son procès, l'assassin avait déclaré qu'il avait voulu défendre les "groupes sociaux les plus vulnérables", en particulier les immigrés musulmans et les demandeurs d'asile.

Le député d'extrême droite Geert Wilders est considéré comme l'héritier de Pim Fortuyn. Il est actuellement au centre d'une polémique pour avoir dit qu'il ferait en sorte qu'il y ait moins de Marocains aux Pays-Bas.

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