POLITIQUE

Élections 2014 - Le PQ est victime d'une campagne de peur de la part des libéraux, selon Marois (VIDÉO)

25/03/2014 11:03 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

BLAINVILLE, Qc - Philippe Couillard mène une «campagne de peur» qui fait mal au Parti québécois (PQ), admet Pauline Marois.

Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour le PQ et la chef péquiste y voit le résultat des manoeuvres du chef libéral pour faire «dévier» l'enjeu de l'élection sur la question référendaire.

«Nous sommes victimes d'un chef de parti, M. Couillard, qui, comme il n'a vraiment rien à proposer de neuf, d'audacieux, se rabat sur des arguments de peur. (...) Il essaie de faire peur aux Québécois», a déclaré la chef du PQ, en conférence de presse mardi dans un centre d'amusement pour enfants à Blainville.

Mme Marois reproche à son adversaire libéral de «manipuler» les électeurs en brandissant jour après jour le spectre d'un nouveau référendum sur la souveraineté. Or, l'enjeu de l'élection est tout autre, a-t-elle martelé.

«Les Québécois se sont faits, dans le fond, un peu malmener ou manipuler dans un sens par M. Couillard qui a voulu faire croire qu'on faisait une élection sur un référendum. On ne fait pas une élection sur un référendum!», a lancé la chef du PQ en haussant le ton.

«J'ai toujours dit que jamais je n'allais bousculer les Québécois, je ne vais pas le faire», a-t-elle ajouté.

Un sondage Léger publié mardi dans le Journal de Montréal est venu jeter une nouvelle douche d'eau froide aux troupes péquistes dont la cote auprès de l'électorat recule encore davantage derrière les libéraux de Philippe Couillard.

Réalisé auprès de 3692 répondants entre le 21 et le 23 mars, le coup de sonde laisse entrevoir l'élection d'un gouvernement libéral majoritaire. Le sondage attribue 40 pour cent des intentions de vote au Parti libéral (PLQ) contre 33 pour cent au PQ. La Coalition avenir Québec (CAQ) récolte 15 pour cent d'appuis et Québec solidaire ferme la marche avec 9 pour cent des intentions de vote.

Le PQ obtient 40 pour cent d'appuis chez les électeurs francophones, dix points de plus que le PLQ, mais l'écart se resserre. Le sondage Léger du 13 mars donnait 44 pour cent des intentions de vote au PQ chez les francophones contre 27 pour cent aux libéraux.

Mme Marois tente d'afficher un air serein en dépit des mauvais augures électoraux. Elle semble vouloir démontrer qu'elle reste en contrôle de la situation.

«Je crois avoir un très bon plan de match», a fait valoir la chef péquiste, convaincue que le message du PQ «passe de plus en plus».

«Je suis en train de ramener le débat sur les vrais enjeux, ce que M. Couillard n'a pas fait depuis le début. Il a tenté de faire de la diversion de toutes sortes de façons, alors que les vrais enjeux, c'est de choisir un gouvernement, une équipe qui va diriger le Québec, une équipe qui présente un projet qui répond aux attentes des Québécois en matière d'emploi, d'éducation, de politique familiale», a-t-elle dit.

L'entrée en scène fracassante du baron des médias Pierre Karl Péladeau dans la campagne électorale, avec son appel au pays, le poing levé bien haut, a été interprétée par les libéraux comme le prélude à une nouvelle campagne référendaire.

La chef péquiste réfute l'argument et ne croit pas que le geste posé par M. Péladeau a braqué les électeurs.

Selon elle, l'homme d'affaires milliardaire a simplement voulu afficher ses convictions souverainistes sans autre arrière-pensée.

Du reste, Mme Marois soutient qu'elle était parfaitement au fait du message percutant qu'allait livrer M. Péladeau dans le lancement de sa campagne.

«Il a simplement fait la déclaration qui était tout à fait pertinente et justifiée et nous en avions convenu ensemble», a-t-elle révélé.

Au chapitre des engagements, la leader souverainiste s'est engagée, si elle est reportée au pouvoir au scrutin du 7 avril, à tenir «un grand forum» sur la conciliation travail-famille-études.

La rencontre, explique-t-on au Parti québécois, sera l'occasion de réfléchir à des solutions pour améliorer la qualité de vie des familles.

Entourée de ses candidates Martine Desjardins, Gyslaine Desrosiers et Nicole Léger, Mme Marois a aussi promis de compléter le réseau des services de garde pour en arriver à 250 000 places subventionnées en 2016.

Au pouvoir, le PQ «poursuivra» la mise en place d'un guichet unique pour l'accès aux services de garde, favorisera le déploiement de haltes-garderies dans les établissements postsecondaires de même que la création de haltes-répit pour enfants handicapés.

La caravane péquiste a mis fin à sa journée de campagne en milieu d'après-midi à Laval avec un arrêt dans une résidence privée pour personnes âgées. La chef du PQ a reçu un accueil poli de la part des résidants.

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