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26/03/2014 08:27 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

L'Iran met en garde le Pakistan sur le sort d'un militaire enlevé

L'Iran a fait part mercredi au Pakistan de ses "sérieuses inquiétudes" concernant le sort d'un des cinq gardes-frontières enlevés en février par un groupe rebelle sunnite qui a annoncé son exécution.

L'ambassadeur pakistanais à Téhéran, Nour Mohammad Jadmani, a été convoqué au ministère des Affaires étrangères qui a réclamé à Islamabad "d'agir rapidement et sérieusement" en vue de la libération des otages, a indiqué l'agence officielle Irna.

Jamshid Danayifar fait partie d'un groupe de militaires enlevés le 6 février dans la province du Sistan-Balouchistan (sud-est) par le groupe Jaish-ul Adl (Armée de la justice), qui affirme combattre depuis 2012 pour les droits de la minorité sunnite en Iran, pays à majorité chiite.

Le groupe, qui selon l'Iran a fui au Pakistan, a annoncé dimanche sur son site internet (http://jashuladl3.blogspot.co.uk/) avoir exécuté le militaire. Il a menacé de tuer un autre otage si Téhéran refusait de "libérer les prisonniers sunnites".

Les autorités iraniennes et pakistanaises n'ont pas confirmé sa mort, selon Irna.

Mais le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné dans un communiqué mardi l'annonce de cette exécution, réclamant que "les auteurs soient jugés".

Le département d'Etat américain a pour sa part appelé à "la libération rapide" des otages, en exprimant l'espoir que l'annonce de la mort du soldat soit fausse.

"Nous avons tout fait pour nous assurer" de la libération des otages, a déclaré mercredi à la télévision le ministre iranien des Affaires étrangères Mohamad Javad Zarif. "Mais nous sommes déçus car le Pakistan n'a pas sécurisé ses frontières et permet aux terroristes d'opérer sur son sol".

Au cours d'un entretien téléphonique mercredi soir avec le Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, le président Hassan Rohani a réclamé "une action sérieuse et rapide" du Pakistan pour la libération des soldats.

"Nous attendons de bonnes nouvelles à ce propos", a-t-il dit, appelant à "des actions communes des deux pays contre les terroristes", a rapporté l'agence de presse officielle IRNA.

De son côté, M. Sharif a affirmé qu'il s'agit d'une question "de la plus haute importance" pour son gouvernement et qu'il était "prêt à faire plus pour la libération des soldats", selon la même source.

"L'Iran se réserve le droit d'utiliser toutes ses capacités dans les régions frontalières", avait auparavant averti le ministre iranien de l'Intérieur, Abdolreza Rahmani-Fazli.

Après l'enlèvement, une campagne pour demander la libération des otages avait été lancée sur Twitter (#FreeIranianSoldiers), dont l'accès est pourtant interdit en Iran.

Le commandant des gardes-frontières, Hossein Zolfaghari, avait admis des "négligences" de ses services et annoncé le limogeage de plusieurs responsables.

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