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26/03/2014 01:21 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

Les étudiants étrangers francophones avantagés, vraiment?

Le Parti libéral veut attirer plus d'étudiants étrangers francophones en leur offrant les mêmes droits de scolarité que les étudiants du reste du Canada. Cette promesse des libéraux va-t-elle réellement avantager tous les étudiants étrangers de la francophonie?

S'il prend le pouvoir, le chef libéral Philippe Couillard souhaite voir davantage d'étudiants étrangers sur les bancs des universités québécoises.

Le chef libéral suggère que « pour l'ensemble des étudiants de la francophonie, on applique le tarif canadien et non le tarif international, ce qui est un rabais significatif dans les frais de scolarité annuels ».

Les Français pénalisés

Vérification faite : cet engagement des libéraux ne ferait pas que des heureux parmi les étudiants qui souhaitent venir poursuivre une formation universitaire au Québec.

Contrairement à ce qu'affirme Philippe Couillard, certains étudiants étrangers pourraient payer plus cher pour fréquenter les universités québécoises. La mesure libérale pénaliserait les quelque 10 000 étudiants venus de la France, puisqu'ils verraient leurs droits de scolarité augmenter.

Une entente entre le Québec et la France, signée en 1978, permet actuellement aux étudiants français de payer le même montant que les étudiants québécois, soit un peu plus de 2200 $ par année.

Mais avec ce que proposent les libéraux, les Français devront payer les mêmes droits de scolarité qu'un étudiant canadien hors Québec, soit 6235 $ par année. Pour un étudiant français, cela pourrait donc signifier une augmentation de 180 % des droits de scolarité.

Une porte-parole du PLQ explique que l'entrée en vigueur de cette promesse électorale de réviser les droits de scolarité des étudiants issus de la francophonie « n'est pas encore déterminée ». Les libéraux en discuteraient avec les recteurs des universités.

La promesse du PQ

Le Parti québécois propose de son côté de « revoir la tarification pour les étudiants étrangers avec l'objectif d'assurer un meilleur équilibre entre sa contribution et celle des étudiants », pour un montant de 60 millions de dollars.

Dans le budget 2014-2015, on précise que le coût total de la formation pour les étudiants étrangers et hors Québec s'élevait en 2011-2012 à 573 millions de dollars. Le coût net, après les droits de scolarité et les exemptions, s'élevait à 318 millions de dollars.

L'intérêt du Québec et du Canada pour les étudiants étrangers s'est accru au cours des dernières années. De 2006 à 2012, leur nombre a augmenté de près de 40 % au Québec, atteignant plus de 30 000 étudiants. Au Canada, il a augmenté de plus de 50 % au cours de la même période.

En 2009, 4,7 % des étudiants étrangers ont choisi de faire des études postsecondaires au Canada, ce qui classe le pays parmi les six destinations les plus prisées derrière les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France et l'Australie.

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