NOUVELLES
26/03/2014 02:08 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Les clubs de football de Crimée votent eux aussi pour la Russie

Les deux principaux clubs de football de la Crimée, Tavria et Sébastopol, ont fait leur choix: la région étant rattachée à Moscou, ils rejoindront le championnat russe la saison prochaine, malgré des problèmes potentiels avec les joueurs et les supporters et des difficultés administratives.

Les berlines allemandes garées devant le centre d'entraînement du Tavria Simféropol feraient pâle figure sur le luxueux parking du PSG. Mais le champion de France en titre et l'actuel 14e du championnat ukrainien partagent un point commun: leur communication.

"Si je dis quelque chose, je vais souffrir", chuchote un membre du staff au moment où les joueurs s'entraînent dans un joyeux désordre derrière de larges grilles recouvertes de bâches en plastique.

Depuis que les dirigeants ont fait connaître dans la presse russe leur intention de changer de championnat à l'issue de la saison, le club de Crimée, premier champion d'Ukraine en 1992, refuse toute sollicitation.

"On a des difficultés avec l'UEFA et des difficultés politiques, avec tout ce qui se passe en ce moment", explique un autre membre du staff, un peu plus bavard.

"Les joueurs s'interrogent sur la situation en général en Ukraine et en Russie", ajoute-t-il avant de s'interrompre brusquement: un collègue l'observe au loin.

A 90 kilomètres à l'est de Simféropol, le club de Sébastopol, 11e du championnat --qui compte 16 équipes-- a lui aussi manifesté son intention de jouer en Russie.

"Cette situation est inédite. Je ne sais pas comment tout cela ça va se passer", s'interroge un membre important de l'équipe, qui demande lui aussi à rester anonyme, devant l'entrée du petit stade champêtre de 5.600 places.

Ici aussi les joueurs sont inquiets, dit-il, surtout les étrangers: "On a un Brésilien, un Serbe, un Géorgien... Beaucoup ont des familles !"

Ses craintes sont selon lui partagées par l'ensemble des joueurs du championnat ukrainien. "Les autres équipes ne vont pas vouloir venir ici, à cause de la situation. Leurs joueurs étrangers ont peur", dit-il.

Les matches de Sébastopol et Simféropol, prévus ce week-end contre le Carpates Lviv et le Metalurg Zaporijia, sont maintenus, ont indiqué leurs services de presse respectifs. Mais ils étaient de toute façon prévus à l'extérieur.

- Pas de demande officielle, selon l'UEFA -

Dans son survêtement bleu et blanc, l'employé de Simféropol note aussi que les joueurs ukrainiens, ne devraient pas, pour la plupart, demander la nationalité russe. "Et en Russie, ils seront considérés comme étrangers", dit-il. Or, le nombre de joueurs non-russes est limité à sept, ce qui pourrait entraîner un exode massif.

Ukrainien lui-même, il n'a pas l'intention de changer de passeport, même s'il concède que le championnat russe serait une "expérience" intéressante, où Sébastopol pourrait faire bonne figure.

"Nous jouons déjà dans le championnat ukrainien et il n'est pas pire que le championnat russe", affirme-t-il.

Dans leur grande majorité, les supporters des deux clubs de Crimée se prononcent en faveur d'un rattachement au championnat russe. Dans le vieux stade de Simféropol, Viktor, un jeune supporter qui assiste à l'entraînement des juniors du club, se dit même prêt à aller encourager son équipe partout en Russie.

"Moi, dans mon âme, je préfère la Russie", dit-il. "Mais en Ukraine, ce serait plus tranquille."

Cependant, les "ultras" de Simféropol et Sébastopol, ces groupes de supporters particulièrement fervents, organisés et souvent politisés, sont majoritairement favorables à l'Ukraine, comme en atteste leur activité sur les réseaux sociaux, où ils ont soutenu les soldats ukrainiens de Crimée, chassés de leurs bases par les Russes.

Pour l'heure, l'Union européenne de football (UEFA) n'a pas "reçu de demande officielle" de rattachement de la Crimée à la Russie.

"Nous n'allons pas prendre position, car quoi que nous disions, ça pourrait être mal interprété. Le jour où nous serons saisis d'une demande officielle, nous l'étudierons et nous verrons", a expliqué son secrétaire général, Gianni Infantino.

zap/via/dhe

PLUS:hp