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26/03/2014 04:14 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Le chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi quitte l'armée et brigue la présidence en Égypte

Sasha Mordovets via Getty Images
MOSCOW, RUSSIA - FEBRUARY 13: Egypt's Minister of Defense, First Deputy Prime Minister and likely presidential candidate, Field Marshal Abdel Fattah el-Sisi meets with Russian President Vladimir Putin (not pictured) in Novo-Ogaryovo residence on February 13, 2014 near Moscow, Russia. Egypt's Minister of Defense Abdel Fattah el-Sisi and Foreign Minister Nabil Fahmy are on a two-day official visit to meet with their Russian counterparts for bilateral discussions. (Photo by Sasha Mordovets/Getty Images)

LE CAIRE, Égypte - Abdel-Fattah al-Sissi, le chef de l'armée de l'Égypte qui a démis de ses fonctions le président islamiste du pays l'an dernier, a remis sa démission des forces militaires, mercredi, et annoncé qu'il se présentera à la présidence en vue des élections qui devraient avoir lieu le mois prochain.

Dans une allocution diffusée à la télévision d'État, M. al-Sissi s'est présenté en tenue militaire, précisant qu'il portait l'uniforme pour la dernière fois et qu'il l'abandonnait pour «défendre la nation» en briguant la présidence. Il a ajouté qu'il «répondait à un appel du peuple».

Selon la loi égyptienne, seuls les civils peuvent accéder à la présidence, ce qui fait que sa démission de l'armée et de ses fonctions de chef de l'armée et de ministre de la Défense se voulait une étape obligatoire.

M. al-Sissi est presque assuré de gagner la course, après des mois de ferveur nationale depuis qu'il a démis Mohammed Morsi, qui en 2012 est devenu le premier président élu démocratiquement — et premier président civil — de l'Égypte. Cette destitution, réalisée en juillet dernier, a été décrétée après d'imposantes manifestations exigeant le départ de M. Morsi après seulement un an au poste, au moment où la population jugeait que les Frères musulmans monopolisaient tous les pouvoirs.

Depuis, le gouvernement par intérim, appuyé par les forces militaires, a mené une féroce répression à l'endroit des Frères musulmans, arrêtant des milliers de membres et tuant des centaines de manifestants lors d'affrontements. Parallèlement, des militants ont orchestré une série d'attaques contre les forces policières et militaires, et M. al-Sissi a maintes fois déclaré la guerre au terrorisme.

M. al-Sissi a livré un discours typique d'une campagne électorale mercredi soir, promettant de bâtir une «Égypte moderne et démocratique». Il s'est attardé sur les défis auxquels le pays fait face, incluant des millions de citoyens sans emploi et une «faible économie».

Dans ce qui ressemblait à un geste de bonne volonté, en dépit de la répression, il a promis aucune exclusion.

«Je tends la main à tous, ici et à l'étranger — tous ceux qui n'ont pas été condamnés.

«Il n'y aura aucune mesure de représailles personnelles», a-t-il affirmé.

Mais sur le terrain, il n'y a eu aucun signe d'amorce de réconciliation avec les partisans de M. Morsi et des Frères musulmans, jadis la plus grande force politique du pays. Mercredi, les autorités ont annoncé une nouvelle série de procès collectifs de présumés islamistes, incluant le leader des Frères musulmans, Mohammed Badie, pour répondre à une kyrielle d'accusations, dont meurtres, en lien avec les gestes de violence des derniers mois.

Les partisans de M. Morsi ont poursuivi les manifestations sur une base presque quotidienne contre M. al-Sissi et le gouvernement intérimaire. Mercredi, des étudiants de plusieurs universités, la plupart islamistes, ont tenu des rassemblements qui se sont transformés en affrontements avec les forces de l'ordre. Selon le ministère de la Santé, un étudiant de 18 ans a été tué lors d'affrontements à l'Université du Caire.

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