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26/03/2014 12:33 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Jour 22: l'enjeu de l'intégrité et du financement des partis prend le devant

QUÉBEC - L'enjeu de l'intégrité et du financement des partis politiques a pris le devant de la scène, mercredi, en ce 22e jour de campagne électorale, alors que chacun des chefs tentait de se poser en champion de la vertu.

Après s'être montré hésitant la veille, le chef caquiste, François Legault, a finalement choisi de répondre favorablement à la demande du chef libéral Philippe Couillard — même s'il la trouve exagérée —, en indiquant qu'il rendra publiques dans le détail sa situation financière personnelle et celle de son épouse, incluant sa déclaration de revenus de 2012, ses placements et ses actifs.

La chef péquiste Pauline Marois, quant à elle, s'en est tenue à sa position de la veille, en refusant de se soumettre à cette demande qu'elle assimile à une invitation au voyeurisme.

Alors qu'elle souhaitait parler de ses engagements en vue de faire prendre un virage numérique au secteur culturel, Mme Marois a dû s'expliquer en point de presse sur la rencontre survenue entre les enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) et les dirigeants de son parti en février dernier, en vue d'en apprendre davantage sur le mode de financement du Parti québécois (PQ).

Elle a tenu à faire une distinction très nette entre la visite de l'UPAC au PQ, qui en était une d'échange d'informations, selon elle, et celle de l'UPAC au Parti libéral du Québec (PLQ), qui était en fait une perquisition ordonnée par un juge.

La visite de l'UPAC au PQ n'a pas été divulguée plus tôt à la demande de l'escouade elle-même, et non parce que le PQ voulait cacher la tenue de cette rencontre, a tenu à préciser Mme Marois. «L'UPAC ne souhaitait pas que cette rencontre soit connue», a-t-elle assuré.

La leader souverainiste a aussi nié les affirmations faites un peu plus tôt par François Legault, selon lequel les ministres du Parti québécois ont des quotas de financement à atteindre chaque année, comme c'était le cas au PLQ. L'ex-ministre péquiste a dit que, dans son cas, le quota était de 80 000 $.

Mais selon Mme Marois, les ministres ont plutôt des «objectifs» à atteindre, et le PQ finance d'abord ses activités en fixant des cibles aux 125 circonscriptions.

Pour bien accentuer la différence entre sa formation et celle de M. Couillard, elle a soutenu que le financement du PQ était stable au fil des ans, qu'il soit au pouvoir ou pas, tandis que celui du PLQ doublait quand il était au pouvoir.

Le travail de l'UPAC a aussi créé un malaise du côté du PLQ, contraint à admettre ne pas savoir pourquoi une mystérieuse somme de 428 000 $, amassée lors d'une activité de financement du PLQ et versée dans les coffres du parti, n'apparaissait nulle part dans les états financiers.

Le chef libéral et un de ses proches, Jean-Marc Fournier, candidat dans Saint-Laurent, ont dit s'en remettre à l'UPAC pour faire la lumière, puisque le parti n'avait pas «les moyens» de fournir des réponses satisfaisantes.

La somme de 428 000 $ figure dans les documents relatifs à la perquisition menée par l'UPAC dans les bureaux d'entreprises de Marc Bibeau, responsable du financement du PLQ à l'époque de Jean Charest.

«J'ai demandé qu'on fasse la vérification de l'existence de cette activité dans les livres du parti», a relaté M. Couillard, en disant qu'il n'avait pas obtenu de réponses à ses questions. Il n'a pas cherché à obtenir plus d'informations auprès de M. Bibeau, qui «ne joue aucun rôle dans le parti actuellement», a-t-il dit. Mardi, le Parti québécois a demandé au Directeur général des élections d'enquêter sur cette situation.

Tôt en matinée, le chef libéral s'est rendu visiter le maire de Montréal, Denis Coderre, et s'est dit prêt à élargir les pouvoirs qui lui sont dévolus.

À l'approche du dernier droit, François Legault a prédit «un dur lendemain de veille» aux Québécois, s'ils choisissent d'élire le PQ ou le PLQ le 7 avril. Dans son langage coloré, il a reproché à l'ancien premier ministre Jean Charest de ne pas avoir eu le courage de mener à bien son projet de réingénierie de l'État.

«Jean Charest n'avait pas de couilles et moi je pense que M. Couillard n'en aura pas plus», a-t-il estimé, en entrevue avec l'animateur de radio Paul Arcand, à la station 98,5 à Montréal.

L'horaire des chefs était allégé mercredi, alors que deux d'entre eux, M. Couillard et Mme Marois, devaient participer en soirée à l'enregistrement de l'émission «Tout le monde en parle», qui sera diffusée dimanche, et que tous les leaders devaient se préparer en prévision du débat télévisé de jeudi soir à TVA.

Pendant ce temps, Option nationale a dévoilé son cadre financier d'un Québec souverain, qui pourrait dégager des surplus de 1,08 milliard $ dès la première année de son indépendance, selon les calculs de son chef, Sol Zanetti.

À Ottawa, certains ministres ne voient pas d'un bon oeil la sortie prévue jeudi du député conservateur Peter Goldring qui appellera le gouvernement fédéral à intervenir dans l'élection québécoise pour sauver l'unité du pays. Maxime Bernier a jugé que le gouvernement fédéral n'avait pas à s'ingérer dans la campagne électorale du Québec.

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