«La licorne captive»: Daniel Lavoie apprivoise la musique ancienne

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LAURENT GUARDO DANIEL LAVOIE
Jean-François Cyr
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Daniel Lavoie lui-même n’aurait pas cru se retrouver au cœur d’une aventure musicale aussi «hors norme» que celle entourant la production de l’album La licorne captive. Frileux à s’investir au départ dans ce singulier projet de l’auteur-compositeur-producteur et multi-instrumentiste Laurent Guardo, le chanteur s’est finalement découvert une passion pour la musique ancienne. Rencontre avec les deux hommes devenus partenaires passionnés d’histoires musicales lointaines.

«Je n’avais jamais entendu parler à Montréal de Laurent Guardo quand il m’a fait parvenir sa musique instrumentale par la poste. On est quelque part en 2010. Je n’avais même pas ouvert le colis. Puis un jour, j’ai écouté. C’était un peu weird, mais intéressant. Je dois dire que des violes de gambe toutes seules, c'est assez mou, souligne Lavoie. Mais j’étais en même temps séduit. Cette musique, c’était comme un nouveau défi. J’avais le goût d’essayer pour une chanson.»

Qu’à cela ne tienne, les deux hommes commençaient à enregistrer la première chanson en avril 2011.

«C’était un projet sans deadline, affirme Lavoie. Je crois qu’au début, Laurent était beaucoup plus ambitieux que moi. Il avait d’ailleurs investi pas mal (une trentaine de musiciens impliqués en tout) de son propre argent. En plus, c’est un sacré perfectionniste. Il a probablement payé beaucoup de surtemps aux musiciens!»

Pourquoi avoir pris quatre années à sortir La licorne captive?

«À vrai dire, j’ai commencé à travailler sur le projet en 1999, indique Laurent Guardo, qui a fait ses classes en musique classique et en jazz, avant de se lancer dans la télé, le cinéma et la pub. Ça m’a pris énormément de temps à écrire les textes. J’ai retravaillé certains d’entres eux pendant un an. Ensuite venait la musique. Ce sont quelques-unes des raisons qui expliquent pourquoi ça a été si long. En plus, des musiciens de violes de gambe, il n’y en a pas des millions à Montréal. Je devais attendre qu’ils soient libres. »

Daniel Lavoie, lui, n’a pas ajouté sa plume à l’exercice. Il a changé quelques mots, tout au plus : «Ça marche très bien. C’est superbe. Ça va à merveille avec ce genre de musique.»

La chimie

Ainsi, ces étranges morceaux du début ont pris forme avec la participation et les recommandations de Lavoie. Un peu de guitare ici, puis de la basse là. De l’avis de Guardo, il est né quelque chose «de magique, de chimique» dans le mélange des violes de gambe et du timbre de voix de Daniel : «Plein de gens ont dit qu’il devrait chanter davantage de musique ancienne parce qu’il a une voix très riche. Elle a su passer à travers les arrangements comme une tonne de briques. Il n’y a pas beaucoup de monde qui pourrait livrer ça comme lui.»

«Au final, je me suis retrouvé à faire tout un album, s’exclame Lavoie [...] Ça, c’est la joke que j’aime beaucoup partager. Quand on a eu fini de faire toutes les tounes de l’album, j'ai dit à Laurent que c’était devenu un album de Daniel Lavoie, que tu le veuilles ou pas! Quand tu engages quelqu’un qui a 40 ans de métier comme frontman, ça prend de la place. Et il a accepté ça avec bonne grâce.»

Raconter

Mythologie grecque, ambiances médiévales, folklore québécois, La licorne captive puise dans de nombreuses époques et de nombreux courants artistiques.

«J’avais envie de pouvoir défendre un projet dans lequel je croyais, confie Lavoie. J’ai été interpelé par ce projet qui demande beaucoup au niveau de la voix. C’est difficile de chanter sur cette musique. J’ai eu beaucoup de plaisir à travailler là-dessus, justement parce que c’était exigeant et que je dois incarner le récit. C’est très demandant, car il faut raconter le texte. C’est comme livrer un conte sur une belle musique.»

«Je donnerais comme exemple la pièce Bal des pendus, qui change toujours de sortes de mesure, intervient Guardo. Les mélodies sont difficiles et le rythme est ardu. J’ai rarement vu quelqu’un qui a de la concentration comme Daniel. Il a aussi beaucoup d’instinct, parce que c’est vraiment hors de sa zone de confort. C’est ce qui fait qu’il a été capable de plonger. »

«Je me suis lancé dans cette musique inclassable, justement parce qu’elle est particulière, de renchérir le chanteur. Ce n’est pas des pièces conventionnelles, ce n’est pas de la pop ou de la pure musique ancienne, ce n’est pas totalement du contemporain, les harmonies sont jazz à l’os…»

On aura compris, il faut écouter pour saisir le résultat de cette rencontre entre Lavoie et Guardo, qui espèrent pouvoir incarner sur scène La Licorne captive.

Paru sous l’étiquette Le Chant du monde, La licorne captive est disponible depuis le 25 mars.

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