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Stephen Harper participe au Sommet de la sécurité nucléaire aux Pays-Bas

25/03/2014 04:26 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

LA HAYE, Pays-Bas - Stephen Harper a lancé quelques piques à la Russie, mardi, mettant en doute la «mentalité» du leadership à Moscou pour avoir banalisé la condamnation, par le Canada, de ses actions en Crimée, et pour avoir imposé des sanctions à un important leader ukraino-canadien.

Lors d'une conférence de presse à La Haye, aux Pays-Bas, le premier ministre s'est quelque peu emporté lorsqu'il a abordé les sanctions imposées plus tôt cette semaine par la Russie contre plusieurs politiciens et responsables canadiens, mais aussi contre Paul Grod, directeur du Congrès des Ukrainiens-Canadiens.

À l'issue du Sommet sur la sécurité nucléaire, le premier ministre a estimé que Moscou n'avait pas seulement imposé de sanctions à des élus mais avait également puni un homme simplement parce qu'il était d'origine ukrainienne.

Pour le premier ministre, cela explique entre autres les craintes qu'entretiennent les Ukrainiens face à leur ancien maître soviétique, en plus d'en dire long sur le fonctionnement du gouvernement russe.

M. Harper a également remis en question la «mentalité» du régime du Kremlin, en réponse aux remarques d'un responsable russe selon qui le Canada ne devrait pas s'immiscer dans les affaires de Moscou, en raison de son éloignement de l'Europe de l'Est.

Le Canada, martèle le premier ministre, a tous les droits de condamner l'agression russe en Ukraine, y compris l'annexion de la Crimée il y a une semaine.

Les commentaires de M. Harper surviennent au lendemain de l'exclusion, par le G7, de la Russie du Groupe des huit. Des responsables russes ont de leur côté indiqué mardi qu'ils espéraient garder contact avec leurs partenaires du G8.

Le président américain Barack Obama et ses alliés du G7 se sont entendus pour ne pas imposer de sanctions économiques plus sévères à Moscou, à moins que le Kremlin ne poursuive ses conquêtes territoriales en Europe de l'Est, dans le cadre de la pire crise dans la région depuis la Guerre froide.

Au cours de sa propre conférence de presse à la fin du sommet sur la sécurité nucléaire — un sujet grandement relégué aux oubliettes en raison de la crise ukrainienne —, M. Obama a assuré qu'aucune force militaire ne serait employée pour expulser la Russie de la Crimée.

Il a cependant ajouté que l'annexion de cette péninsule stratégique bordant la mer Noire n'était pas encore «coulée dans le béton». M. Harper a pour sa part appelé à une «inversion complète» des gestes de Moscou dans la région.

«La Russie doit agir de façon responsable et montrer encore une fois qu'elle est prête à respecter les normes internationales, a dit M. Obama. Si elle n'agit pas en ce sens, il y aura des coûts.»

Stephen Harper entamera ce mercredi une visite de deux jours en Allemagne. Il doit rencontrer la chancelière Angela Merkel qui, tout comme M. Harper, est l'un des vétérans leaders du G7. Les deux dirigeants ont établi une bonne relation. Comme le mentionne M. Harper, Mme Merkel et lui «ont vécu une série de hauts et de bas sur le plan de l'économie, ainsi que dans le domaine politique».

Les Allemands, tout comme d'autres nations européennes, étaient tout d'abord réticents à imposer de sévères sanctions économiques à la Russie, en raison de leurs liens commerciaux étroits avec Moscou et de leur dépendance envers le gaz et le pétrole russes.

Au cours des dernières semaines, Mme Merkel s'est rapprochée de la position plus intransigeante de l'Amérique du Nord, furieuse semble-t-il après que le président russe Vladimir Poutine l'eut faussement assurée, le mois dernier, qu'il n'avait aucune visée sur la Crimée.

M. Harper a dit vouloir rassurer Mme Merkel que le Canada pourrait aider les Allemands dans le cas d'une crise énergétique si l'Occident impose des sanctions envers le lucratif secteur énergétique russe.

«Il y a des opportunités économiques pour le Canada; c'est évidemment notre intention, dans tous les cas, de faire ce que nous pouvons pour tenter d'exporter de l'énergie à l'extérieur du continent nord-américain. Cela étant dit, nous étudions un programme de sanctions. Nous croyons tous qu'à court terme, cela nous causera tous des problèmes, Canada y compris.»

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