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OMS: près de 7 millions de décès sont liés à la pollution de l'air chaque année

25/03/2014 06:49 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

LONDRES - L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a révélé mardi que près de sept millions de personnes sont décédées prématurément en 2012 d'une exposition à la pollution atmosphérique.

La moitié des décès sont attribués aux émanations de poêles utilisés à l'intérieur.

L'agence onusienne a ajouté que la pollution atmosphérique cause un huitième des décès mondiaux et qu'elle représente maintenant la plus grave menace environnementale à la santé.

«Nous devons tous respirer, ce qui rend la pollution très difficile à éviter», a dit Frank Kelly, le directeur du groupe de recherche environnementale du King's College de Londres, qui n'a pas participé à l'étude de l'OMS.

L'OMS affirme que l'on pourrait sauver des millions de vies en luttant contre la pollution atmosphérique.

Les nouvelles données mettent notamment en évidence un lien plus fort entre la pollution atmosphérique et les maladies cardiovasculaires qu’entre la pollution atmosphérique et le cancer. Cela vient s’ajouter au rôle de la pollution atmosphérique dans l’apparition de maladies respiratoires.

Une menace importante provient des particules microscopiques qui peuvent se loger au fond des poumons et provoquer une irritation. Les scientifiques croient aussi que la pollution atmosphérique est potentiellement responsable d'une inflammation du coeur, menant à des problèmes chroniques ou à une crise cardiaque.

L'OMS estime que la pollution de l'air intérieur a causé 4,3 millions de décès en 2012, surtout en Asie où la population utilise des poêles intérieurs au bois ou au charbon pour la cuisson et le chauffage. L'OMS recense 3,7 millions de décès attribuables à la pollution de l'air extérieur, dont 90 pour cent se sont produits dans les pays développés.

L'OMS souligne toutefois que plusieurs individus sont exposés à la fois à la pollution de l'air intérieur et de l'air extérieur. La mortalité attribuée aux deux types ne peut simplement être additionnée, et c'est pourquoi l'OMS a abaissé de huit millions à sept millions le nombre estimé de décès en 2012.

Cette estimation représente plus du double des données précédentes. La hausse découle de meilleures informations quant aux effets de la pollution atmosphérique sur la santé et de méthodes de détection améliorées. L'an dernier, l'agence sur le cancer de l'OMS avait classé la pollution de l'air parmi les cancérogènes, associant l'air vicié aux cancers du poumon et de la vessie.

L'OMS souligne que les femmes et les enfants pauvres sont principalement affectés par la pollution de l’air intérieur.

«Les femmes et les enfants pauvres paient un prix élevé car ils passent plus de temps à la maison à respirer les fumées et la suie que dégagent les systèmes de chauffage au bois ou au charbon mal ventilés», a dit par voie de communiqué une responsable de l'OMS, Flavia Bustreo.

D'autres experts préviennent que des recherches plus poussées sont nécessaires pour identifier les composantes les plus mortelles de la pollution de manière à élaborer des mesures de contrôle plus efficaces.

«On ne sait pas si la poussière du Sahara est aussi dangereuse que le diesel ou le charbon», a dit Majid Ezzati, le détenteur de la chaire en santé environnementale globale du Collège impérial de Londres.

Au niveau régional, les pays à revenu faible ou intermédiaire de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental sont ceux qui ont enregistré le plus grand nombre de décès liés à la pollution intérieure et extérieure en 2012.

M. Kelly a précisé que la population peut réduire son exposition à la pollution atmosphérique en évitant de voyager à l'heure de pointe ou en utilisant des routes moins achalandées. Il a aussi prévenu que l'efficacité des masques médicaux est loin d'être certaine.

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