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Meurtre de Joleil Campeau : le sort de Daudelin entre les mains du jury

25/03/2014 10:05 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT
SRC

Les délibérations dans le cadre du procès d'Éric Daudelin pour le meurtre de Joleil Campeau, neuf ans, ont été ajournées, mardi en fin de journée.

Les membres du jury, qui ont entendu la preuve de cette affaire qui remonte à 1995, doivent se retrouver mercredi matin.

Ce mardi a été marqué par la déclaration de Donna Sénécal, la mère de la victime, qui s'est adressée aux médias pour la première fois.

Elle a tenu à lire une lettre de sympathie qui lui a été transmise par une femme qui a le même âge qu'aurait eu la petite Joleil aujourd'hui, si elle n'avait pas été assassinée.

Arrêté en 2011 pour un meurtre commis en 1995, Éric Daudelin, 40 ans, clame toujours son innocence malgré une preuve accablante. Son avocat a tenté de semer le doute dans l'esprit des jurés au cours de sa plaidoirie, lundi.

Les deux parties sont désormais dans l'attente du verdict du jury. En plus de l'accusation de meurtre prémédité, Éric Daudelin est accusé d'agression sexuelle et de séquestration. Il a plaidé non coupable à chacun des chefs.

Une preuve ADN et des aveux à « M. Big »

Daudelin a été arrêté en 2011 grâce à une avancée de la médecine légale. L'ADN de l'accusé a été retrouvé sur la petite culotte de la fillette, de même que sur une cagoule et une paire de gants découvertes dans le boisé non loin des lieux du crime. Le procureur de la Couronne a insisté sur un fait : les chances que l'ADN décelé sur ces vêtements ne soit pas celui de l'accusé n'est que de 1 sur 300 milliards.

La preuve ADN est corroborée par des aveux qu'ont obtenus des enquêteurs au cours d'une opération de type « M. Big ». L'avocat de la défense a tenté de faire exclure cette portion de la preuve au cours du procès, mais sans succès.

Une opération de type « M. Big » consiste à faire croire au suspect qu'il est recruté par une organisation criminelle, afin de lui soutirer des confidences sur son passé criminel. Un policier est venu raconter les détails de cette opération, qui s'est déroulée de mars à juin 2011. Les agents ont élaboré 45 scénarios pour établir une relation de confiance avec le suspect, avant de réussir à lui soutirer des aveux.

L'accusé a ainsi confessé son crime aux enquêteurs qui se faisaient passer pour des membres d'une organisation criminelle.

Le procureur de la Couronne Pierre-Luc Rolland a précisé que l'accusé avait été si précis dans sa description de l'agression qu'il ne pouvait qu'être le meurtrier. Durant sa confession à un agent double de la police, Daudelin a dit que la petite n'était pas morte quand il l'a noyée. Un détail confirmé par le rapport du pathologiste et que seul le meurtrier pouvait connaître.

Daudelin a plus tard renié ces aveux, soutenant qu'il voulait se rendre intéressant auprès de ses employeurs criminels et qu'il avait raconté cette histoire pour conserver son emploi au sein de l'organisation.

Disparue en se rendant chez une amie

Joleil Campeau a disparu le 12 juin 1995 dans le secteur Auteuil, à Laval. Selon la théorie de la Couronne, la fillette de neuf ans marchait dans un boisé près de chez elle pour se rendre chez une amie avec qui elle devait jouer avant le souper. Elle aurait croisé le chemin d'Éric Daudelin, et ne s'est jamais rendue chez sa copine. Ce serait au moment où elle marchait dans le boisé que Daudelin l'aurait enlevée, selon la Couronne. Il l'aurait ensuite agressée sexuellement, avant de la noyer dans un ruisseau et de l'abandonner sur place.

Le corps de la fillette a été retrouvé quatre jours plus tard.

Éric Daudelin avait rapidement été signalé comme un suspect dans cette affaire. Il avait été interrogé par les policiers dès 1995, mais aucune preuve ne permettait de le relier au crime à cette époque. Les policiers avaient prélevé des traces d'ADN sur le corps de la fillette et sur les lieux du crime, mais l'état de la science ne permettait pas, à ce moment, d'établir de lien avec le suspect, sur lequel on avait également prélevé un échantillon d'ADN.

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