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Le ministre ukrainien de la Défense démissionne; l'armée se retire de Crimée

25/03/2014 09:31 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

KYIV, Ukraine - Les parlementaires ukrainiens ont accepté mardi la démission du ministre de la Défense, au moment où des milliers de soldats continuaient à évacuer la péninsule de la Crimée, qui est maintenant contrôlée par la Russie.

Lors d'un discours devant le Parlement, l'ex-ministre Igor Teniouk a nié qu'il ait omis de donner des ordres clairs à ses hommes, mais déclaré qu'il se réservait le droit de quitter son poste. Les parlementaires avaient tout d'abord refusé sa démission, avant de finalement l'accepter.

Ils ont ensuite voté majoritairement pour nommer le colonel-général Mikhail Kovalyov pour lui succéder.

Les dirigeants ukrainiens ont fait l'objet de nombreuses critiques pour leur réaction parfois timide et désorganisée à l'annexion musclée de la Crimée par la Russie, dans la foulée d'un référendum organisé à la hâte il y a quelques jours.

En Crimée, des soldats ukrainiens s'empilaient mardi à bord d'autocars pour rentrer en sol ukrainien, alors que d'anciens camarades les saluaient à l'extérieur d'une base capturée par Moscou.

M. Teniouk a indiqué que 6500 soldats et membres de leurs familles ont demandé à quitter la Crimée — ce qui signifie que les deux tiers des 18 800 militaires déployés sur la péninsule ont décidé d'y rester.

À Moscou, pendant ce temps, des dirigeants ont prévenu le gouvernement ukrainien qu'il pourrait devoir payer plus cher le gaz naturel russe, dont Kiev dépend lourdement.

Le porte-parole du président russe Vladimir Poutine, Dimitri Peskov, a expliqué mardi que le rabais accordé à l'Ukraine découlait de la présence de la flotte de la mer Noire en Crimée. Maintenant que la Crimée appartient à la Russie et que Moscou ne doit plus acquitter de loyer, la Russie «ne voit plus aucune justification pour le rabais», a dit M. Peskov, selon des agences de presse russes.

Il a toutefois ajouté qu'il revient au géant gazier Gazprom de déterminer du prix que doit payer l'Ukraine.

Efforts vains de l'Occident

Par ailleurs, le président américain Barack Obama a reconnu pour la première fois, mardi, qu'il était peu probable que la Russie renonce au contrôle de la péninsule ukrainienne de Crimée.

En marge d'un sommet sur la sécurité nucléaire, aux Pays-Bas, M. Obama a également reconnu que les condamnations des puissances occidentales n'avaient eu que peu d'effets sur le président russe, Vladimir Poutine.

Il a répété que la communauté internationale ne reconnaîtrait jamais l'intégration de la Crimée à la Russie, tout en soulignant qu'une action militaire contre Moscou était peu probable. Le président et les leaders européens s'efforceront plutôt d'empêcher le Kremlin de rattacher d'autres régions ukrainiennes à la Russie.

M. Obama a aussi profité du sommet pour rencontrer le président du Kazakhstan, Nursultan Nazarbaïev, concernant la crise ukrainienne, un allié solide du président Poutine.

La rencontre entre les deux hommes a été organisée à la toute dernière minute, à l'ambassade américaine à La Haye. Les deux leaders n'ont pas fourni de détails concernant leurs entretiens, mais M. Nazarbaïev navigue habilement entre la Russie et l'Occident depuis plus de 20 ans. L'économie robuste et les vastes ressources énergétiques de son pays lui confèrent une bonne marge de manoeuvre et d'indépendance.

«Nous ne reconnaissons pas ce qui se passe en Crimée», a-t-il lancé à l'occasion de sa première conférence de presse depuis la tenue du référendum, il y a 10 jours. Le président américain a rejeté la notion qu'un «référendum organisé à la hâte en moins de deux semaines (puisse) être valide».

«Nous nous inquiétons aussi d'un empiètement supplémentaire de la Russie en Ukraine, a-t-il ajouté. Je crois que ce serait un très mauvais choix de la part du président Poutine, mais ultimement, il est le président de la Russie, et il sera celui qui prendra cette décision.»

Lundi, les pays membres du G8 ont annoncé qu'ils expulsaient la Russie de leur club (formé du G7 et de la Russie) en raison des événements survenus en Crimée. La Russie a réagi avec mépris, en déclarant que le G8 est une organisation informelle dont personne ne peut être chassé.

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