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Le chef caquiste François Legault reconnaît qu'il a «toute une côte à remonter»

25/03/2014 10:07 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

TERREBONNE, Qc - Le chef caquiste François Legault a reconnu, mardi, qu'il a «toute une côte» à remonter s'il veut former le gouvernement.

Assommé par le plus récent sondage qui accorde 15 pour cent des intentions de vote à sa formation, M. Legault a reconnu, dans une conférence de presse à Laval, qu'il aura un gros défi au débat télévisé jeudi soir, mais il estime qu'il lui reste du temps pour inverser la tendance d'ici au scrutin du 7 avril, dans moins de deux semaines.

Le plus récent sondage Léger commandé par Le Journal de Montréal suggère que 40 pour cent des répondants auraient voté pour le Parti libéral du Québec, qui aurait pu ainsi former un gouvernement majoritaire. Le Parti québécois est à 33 pour cent.

«Ce n'est pas impossible (de former un gouvernement caquiste), mais on a toute une côte à remonter», a-t-il déclaré candidement, alors que les autres chefs commentent habituellement avec grande prudence _ voire pas du tout _ les sondages.

Le chef caquiste semblait plus désabusé que lundi, lorsqu'il avait fait une sortie vigoureuse contre les libéraux, en les attaquant sur leur intégrité. Il s'est dit inquiet pour l'avenir de ses enfants, à la perspective de l'élection d'un gouvernement libéral.

«Ça me fait de la peine (...), je suis inquiet pour l'avenir du Québec», a-t-il avoué, en affirmant que le Québec avait perdu six mois à débattre de la charte des valeurs et que les électeurs étaient de nouveau coincés dans un débat référendaire. M. Legault a confié que son défi est de sortir les Québécois de l'enjeu de l'élection référendaire que martèle sans cesse le chef libéral Philippe Couillard.

«J'accuse Philippe Couillard de surfer là-dessus, (...), de ne rien avoir à proposer aux Québécois. (...) Il faut que les Québécois se réveillent, ce n'est pas vrai qu'on va seulement voter contre le référendum avec le Parti libéral», a-t-il dit.

François Legault a fait valoir que voter libéral, en plus de choisir un parti «usé et corrompu», c'est aussi renoncer à la charte, alors que lui en propose une version assouplie. Et c'est également renoncer à la défense des intérêts et de l'identité du Québec: François Legault laisse entendre qu'il est le véritable héritier de Jean Lesage et Robert Bourassa, des premiers ministres libéraux, mais nationalistes.

«Philippe Couillard n'est pas aussi nationaliste que ne l'était un Jean Lesage ou un Robert Bourassa. Il est plutôt à plat ventre devant son aile plus multiculturaliste, quand on voit les liens avec (le chef libéral fédéral) Justin Trudeau.»

François Legault juge qu'il est encore possible de renverser la vapeur d'ici au 7 avril. Il compte notamment sur le débat télévisé de jeudi pour passer son message.

«Il va falloir que je sois très clair au débat. Je ne veux pas me mettre de la pression additionnelle. Mais il faut dire aux Québécois: vous méritez mieux que de voter juste contre un référendum. Vous êtes capables de faire mieux que ça.»

Et il en a rajouté en après-midi en faisant campagne dans sa circonscription, L'Assomption, dans Lanaudière. Si Pauline Marois est incapable de s'engager au débat télévisé à ne pas tenir de référendum, «elle n'a aucune chance de gagner (...), c'est game over», a-t-il estimé.

Signe que la circonscription est convoitée par le PQ, le candidat péquiste Pierre Paquette était au salon de quilles où se rendait M. Legault juste avant son arrivée. Sa rencontre avec les journalistes a rapidement tourné autour du référendum.

«Si on prend acte du fait que la population n'en veut pas, il n'y en aura pas, mais c'est bon de se garder toutes les portes ouvertes, pour garder son rapport de forces avec le fédéral», a déclaré l'ancien député bloquiste, en ajoutant qu'éventuellement il en voudrait un, mais sentant la soupe chaude, il s'est ensuite esquivé rapidement.

Par ailleurs, François Legault a présenté ses propositions visant à favoriser les liens entre les universités et les entreprises. Il veut réorienter les crédits d'impôts en recherche et développement pour forcer les universités à faire plus de recherche appliquée.

Son objectif: qu'au moins 25 pour cent de la recherche et développement des entreprises soit effectué dans les universités. Les investissements des entreprises dans les universités passeraient donc de 224 à 600 millions $ par année, sous un gouvernement caquiste.

Selon François Legault, il y a «un changement de culture» à faire dans les universités, parce que les chercheurs favorisent la recherche fondamentale et ont «un problème avec la recherche appliquée».

Il a toutefois conclu avec une pointe d'amertume. Conscient de l'effet des sondages et de l'enjeu référendaire en cours qui favorisent Philippe Couillard, François Legault a dit: «Je ne m'attends pas à ce qu'on parle d'innovation et d'éducation dans les bulletins de nouvelles, malheureusement».

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