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La zone de recherches pour retrouver le Boeing malaisien se rétrécit

25/03/2014 08:39 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

KUALA LUMPUR, Malaisie - La Chine a demandé mardi à la Malaisie de lui remettre les données satellitaires qui ont été analysées pour conclure que le Boeing 777 malaisien disparu depuis plus de deux semaines s'est abîmé dans la portion méridionale de l'océan Indien, tuant les 239 personnes à bord.

Les recherches pour retrouver les débris de l'appareil se concentrent dorénavant dans un secteur de la taille de l'Alaska, ont fait savoir mardi des dirigeants malaisiens. Cela laisse néanmoins un secteur de 1,6 million de kilomètres carrés à fouiller, soit 20 pour cent de la superficie précédente.

L'Australie a annoncé, de son côté, qu'une amélioration des conditions météorologiques devrait lui permettre de reprendre les fouilles.

«On ne cherche pas une aiguille dans une botte de foin — on essaie encore de savoir où se trouve la botte de foin», a dit le chef adjoint de la Défense australienne, le maréchal de l'Air Mark Binskin.

Lundi, le premier ministre malaisien Najib Razak a annoncé qu'une nouvelle analyse des données recueillies par satellite démontre que l'appareil s'est abîmé dans un coin reculé de l'océan Indien.

Lors de remarques devant le Parlement malaisien mardi, M. Razak a averti que les recherches prendront encore beaucoup de temps et que des défis énormes sont à prévoir.

L'annonce a provoqué une tempête de colère et de tristesse de la part des proches des passagers et des membres d'équipage, dont les deux tiers sont d'origine chinoise. Les proches des passagers dénoncent depuis longtemps le manque d'informations fiables et plusieurs maintiennent qu'on leur cache encore des choses.

Une centaine de proches des victimes et leurs partisans ont marché jusqu'à l'ambassade de la Malaisie, à Pékin, où ils ont lancé des bouteilles d'eau et tenté d'entrer par la force en accusant les autorités malaisiennes de leur avoir menti.

Une forte présence policière avait été déployée autour de l'ambassade. Des policiers se sont brièvement chamaillés avec des manifestants qui essayaient de s'approcher des journalistes.

Le président chinois Xi Jinping a dépêché un émissaire spécial, le vice-ministre des Affaires étrangères Zhang Yesui, à Kuala Lumpur pour gérer l'affaire, pendant que le ministre adjoint des Affaires étrangères Xie Hangsheng a prévenu l'ambassadeur malaisien que Pékin veut savoir pourquoi l'avion est dorénavant considéré comme perdu, selon un communiqué mis en ligne sur le site Internet du ministère.

Le ministre malaisien des Transports, Hishammuddin Hussein, a indiqué que les recherches ont été interrompues dans le corridor qui s'étirait de la Malaisie vers le nord, en direction de l'Asie centrale, ainsi que dans la portion nord du corridor qui partait de la Malaisie vers l'Antarctique.

Plusieurs questions demeurent sans réponse. «On ne sait pas pourquoi. On ne sait pas comment. On ne sait pas comment cette tragédie terrible s'est produite», a dit le chef de la direction de Malaisia Airlines, Ahmad Jauhari Yahya.

Pour sa part, le président du conseil d'administration du transporteur aérien, Mohammed Nor Mohammed Yusof, a déclaré mardi qu'il faudra patienter avec d'obtenir toutes les réponses.

«C'est un événement sans précédent qui nécessite une réponse sans précédent, a-t-il dit. L'enquête se poursuit et elle pourrait être encore plus longue et plus complexe qu'elle ne l'a été depuis le 8 mars.»

Les recherches pour retrouver l'épave de l'avion et ses enregistreurs de vol pourraient prendre des années, puisque la profondeur de l'océan peut atteindre 7000 mètres dans cette région. Il a fallu deux ans pour retrouver un appareil d'Air France qui s'est abîmé dans l'Atlantique en 2009, même si l'endroit où il était tombé a été repéré après seulement quelques jours.

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