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25/03/2014 07:58 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

Fractionnement du revenu: le nouveau ministre des Finances ne se prononce pas

OTTAWA - Le gouvernement Harper a un nouveau ministre des Finances, mais pas nécessairement une position plus clairement définie quant à sa promesse de 2011 sur le fractionnement du revenu.

Après avoir hérité du portefeuille mercredi dernier, Joe Oliver n'a pas répété les craintes de son prédécesseur à propos d'un important crédit d'impôts qui, disent les détracteurs, n'avantagera qu'une minorité de familles, et favorisera les ménages les plus riches.

Il ne s'est pas non plus montré ouvert à la mesure, du moins pas comme son chef Stephen Harper lorsque celui-ci a déclaré que «le fractionnement du revenu a été une bonne politique pour les personnes âgées au pays, et sera également une bonne politique pour les familles canadiennes».

Interrogé à ce sujet lors de son premier jour en fonction la semaine dernière, M. Oliver a semblé pencher davantage du côté de M. Harper, bien qu'il ait reconnu les déclarations de son prédécesseur Jim Flaherty en indiquant qu'il «se pencherait sur les détails» de la proposition.

Toutes considérations mises à part, le nouveau ministre des Finances dit vouloir «diminuer les impôts des familles», et que les détails seraient dévoilés dans le prochain budget. Il a toutefois rappelé que le premier ministre avait qualifié le fractionnement du revenu de «bonne politique».

Cette initiative est populaire au sein de la base électorale conservatrice, puisqu'elle avantage les ménages traditionnels à un seul revenu, où l'un des époux, habituellement la mère, reste à la maison pour s'occuper des enfants.

Des économistes ayant analysé le plan conservateur soutiennent que l'idée sera principalement avantageuse pour les familles qui en ont le moins besoin, et n'aura aucun effet positif pour 85 pour cent des ménages du pays. Le programme aura également un coût élevé de 2,7 milliards $ par année.

Une étude de l'Institut C.D. Howe fréquemment citée conclut que 40 pour cent des bénéfices iront aux ménages gagnant plus de 125 000 $. Pendant ce temps, les familles monoparentales qui ont tendance à avoir davantage besoin des crédits d'impôts seront exclues. Le programme n'a par ailleurs aucun avantage pour les ménages où les deux conjoints tendent à avoir des revenus similaires.

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