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Élections 2014 - «Je n'en veux pas de référendum», dit Pauline Marois (ENTREVUE, PHOTOS)

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PAULINE MAROIS
PC

LAVAL – Talonnée sur le sujet depuis le débat des chefs jeudi dernier, Pauline Marois a voulu mettre la question de la souveraineté en veilleuse mardi au cours d'une entrevue avec Le Huffington Post Québec.

«J'ai été très claire sur ça. Je dis: je n'en veux pas de référendum. Il n'y en aura pas tant que les Québécois ne sont pas prêts, a dit la chef du Parti québécois. Je ne bousculerai personne. On ne va pas faire ça la nuit. On ne va pas faire ça en cachette. Si les gens ne veulent pas que la question soit posée : il n’y en aura pas (de référendum).»

«Il faut être respectueux de tous les Québécois et du rythme des Québécois», a-t-elle précisé.

Les plus récents sondages montrent un appui de 39% à l’indépendance du Québec et les deux tiers des Québécois ne veulent pas de référendum sur le sujet en ce moment.

«À ce moment-ci, l’enjeu ce n’est pas ça. L’enjeu, c’est le choix d’un gouvernement. Je vais mettre l’accent sur ça. Pour ce qui est de l’avenir du Québec, j’ai été claire : il y aura un livre blanc (sur la souveraineté)», a-t-elle indiqué, précisant que celui-ci fera le point sur la situation financière et démographique du Québec et sur les relations Ottawa-Québec.

Pauline Marois a exclu également toute alliance avec Québec Solidaire ou la Coalition Avenir Québec même si les sondages demeurent défavorables au PQ. Et pas question d’envisager une défaite le 7 avril. «Je veux gagner et je vais gagner», a-t-elle clamé lors de l’entretien.

Visiblement de bonne humeur, malgré un important sondage de la firme Léger donnant le PLQ majoritaire le 7 avril, Pauline Marois continuera à marteler son message sur l’économie et la création d’emplois, tout en faisant de la Charte des valeurs québécoises un enjeu fondamental.

«Notre plus gros défi, c’est que notre message passe bien sur le fond des choses», a dit Mme Marois. Le débat des chefs à TVA jeudi soir sera crucial en ce sens.

Pauline Marois compte bien taper sur des clous précis jeudi soir : mieux expliquer son programme et forcer Philippe Couillard à répondre de ses actes.

Perte de contrôle ?

Pauline Marois refuse de croire qu’elle a perdu les élections ou encore le contrôle de l’agenda de la campagne électorale. Selon elle, le chef du PLQ tente de camoufler le vide de sa pensée en ne parlant que de référendum sur l’avenir du Québec.

«J’ai suivi mon plan de match. M. Couillard a voulu le faire dérailler, mais il n’a pas réussi. C’est lui qui est sur la défensive. Il ne répond pas aux questions. Je crois que nous on a mis les choses au clair», a-t-elle estimé.

Selon elle, les Québécois «doivent se mettre les yeux dans les trous. Il y a deux choix qui s’offrent à eux : il y en a un qui est un retour au Parti libéral qui a précédé. Moi j’ai beau regarder, je ne vois pas beaucoup de nouveauté dans l’équipe qui est là (…). Il veut endetter le Québec, c’est sa recette : c’est 11 milliards $ de plus pour les prochains 10 ans». Elle estime pour sa part que le PQ a fait ses marques depuis septembre 2012 avec sa lutte contre la corruption et sur l’éthique des élus. Elle promet même de déployer encore plus de mesures dans ce sens si elle est réélue le 7 avril, rappelant que le PLQ a tout fait pour repousser la commission d’enquête sur la corruption et la collusion dans l’industrie de la construction au Québec.

«C’est cette même équipe à qui on va confier la possibilité d’appliquer les recommandations de la commission Charbonneau?», a-t-elle demandé. «M. Couillard n’a pas fait le ménage.»

Le message aux électeurs francophones est clair selon Pauline Marois : «Choisissez un gouvernement qui a fait ses preuves. Avez-vous vraiment le goût de revenir en arrière?»

Au cours des prochains jours, la chef péquiste prévoit parler davantage de son équipe, de culture de langue française et de la Charte afin de bien montrer les différences du programme du Parti québécois et tenter de séduire l’électorat. Le dernier sondage montre que seulement 5% des Québécois sont indécis, cependant.

PKP

Pauline Marois refuse par ailleurs de croire que l’arrivée de Pierre Karl Péladeau au PQ il y a deux semaines a été mal encadrée. Aucun regret.

«L’arrivée de M. Pierre Karl Péladeau est une heureuse nouvelle pour le Québec. Depuis le départ, j’ai toujours pensé ça. C’était inespéré quant à moi qu’un homme de cette envergure choisisse de venir servir le Québec et à l’intérieur de notre parti», ajoutant qu’elle n’a pas peur que PKP veuille prendre sa place à la tête du PQ.

«J’aime ça m’entourer de gens forts», a-t-elle glissé.

Pauline Marois a accusé le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard d’avoir détourné la campagne électorale en la faisant portant sur la souveraineté et la possibilité d’un référendum.

«On essaie de ramener la campagne aux vrais enjeux. C’est le sens des questions que je pose à M. Couillard depuis quelques jours : c’est une campagne pour choisir un gouvernement», a-t-elle dit dans son autobus de campagne, à mi-chemin entre Laval et Montréal.

Pauline Marois fera valoir que «l’équipe de Philippe Couillard, c’est celle de Jean Charest avec la même équipe et la même attitude», rappelant que le PQ avait agi depuis son élection en septembre 2012 pour faire reculer la corruption et promouvoir l’intégrité dans les affaires publiques.

Fait étonnant dans cette campagne électorale, le PQ a peu parlé de la Charte alors que cela a été un enjeu majeur depuis les 18 derniers mois au Québec.

«J’en ai parlé beaucoup en région», s’est défendue Pauline Marois. «C’est au cœur de nos publicités. Quand on parle de la Charte, c’est toujours bien accueilli», a-t-elle estimé.

Les sondages indiquent qu’une majorité de Québécois sont en faveur de la Charte des valeurs québécoises, bien que les mesures d’application ne font pas consensus.

DGE

Pauline Marois a également tenté de se faire rassurante au sujet du Directeur général des élections du Québec (DGE), qui a été mis sous pression en fin de semaine dernière par le PQ au sujet d’une fraude potentielle d’électeurs étudiants ontariens dans cinq circonscriptions montréalaises. Le PQ avait même avancé que des Ontariens tentaient de voler l'élection au Québec.

Elle a indiqué faire confiance au DGE. «On n’a jamais eu de doute sur la compétence du DGE. Mais je crois qu’il fallait être vigilant et il nous a rassurés. On va entendre ce qu’on a dire les militants dans les comtés. Le DGE a posé les gestes qu’il fallait», a-t-elle affirmé.

«Il faut être vigilants», a-t-elle conclu, ajoutant que son gouvernement allait réfléchir à des manières de préciser le lieu de domicile des électeurs dans l’avenir, si le PQ est reporté au pouvoir le 7 avril.

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