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25/03/2014 12:09 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

Dir. parlementaire du budget: il n'y a pas de pénurie de main-d'oeuvre qualifiée

OTTAWA - Le Directeur parlementaire du budget affirme qu'il n'y a aucune preuve formelle confirmant l'existence d'une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée ou d'un problème d'inadéquation des compétences au Canada.

Une déclaration qui pourrait, une fois de plus, créer des remous dans la relation tumultueuse que l'agence de surveillance entretient avec le gouvernement Harper.

Un porte-parole du ministre de l'Emploi Jason Kenney a cependant insisté sur le fait qu'il n'y avait pas de désaccord entre le ministère et l'agence fédérale.

«Ce rapport s'inscrit dans la droite ligne de ce que nous affirmons, soit que s'il n'existe pas de pénurie de main-d'oeuvre à l'échelle nationale, il existe des pénuries régionales et spécifiques à certains secteurs économiques, ce que soutiennent les employeurs depuis un certain temps», mentionne Alexandra Fortier, l'attachée de presse de M. Kenney.

Malgré tout, certains groupes économiques affirment avoir été contactés par le bureau de M. Kenney pour contrer le message général du rapport du Directeur parlementaire du budget.

Dans le secteur de la construction, par exemple, on affirme que d'ici 2023, 300 000 postes supplémentaires devront être comblés, principalement en raison des départs à la retraite.

Sous la direction de Jean-Denis Fréchette, le bureau du Directeur parlementaire du budget s'est montré plus circonspect dans ses désaccords avec les positions économiques du gouvernement, mais le rapport de mardi souligne clairement qu'il n'est pas d'accord avec la façon dont Ottawa a caractérisé la question des compétences.

Tout en vantant leur bilan en matière de création d'emplois, les ministres fédéraux ont mentionné à plusieurs reprises les plaintes de l'industrie concernant les pénuries de main-d'oeuvre, qualifiant le tout d'important défi économique actuel et pour l'avenir.

Les conservateurs répètent que les compétences des travailleurs canadiens ne sont pas toujours celles recherchées par les employeurs. L'argument a été abondamment brandi pour justifier l'instauration de nouveaux programmes fédéraux tels le programme des travailleurs étrangers temporaires et la Subvention canadienne pour l'emploi, ou encore le resserrement des critères d'admissibilité pour les prestations d'assurance-emploi.

Pourtant, rien ne suggère que la situation qui prévaut actuellement au pays est différente de celle qui prévalait avant la récession de 2008-2009, estime le Directeur parlementaire du budget, qui soutient qu'un certain déséquilibre dans l'adéquation des compétences est tout à fait normal.

Le rapport met toutefois en lumière certaines poches de tensions dans le marché du travail, plus particulièrement en Saskatchewan.

Ces nouvelles données viennent étayer les conclusions d'un rapport publié par Statistique Canada la semaine dernière qui répertoriait quelque 200 000 postes non comblés au pays en décembre, le plus bas niveau depuis que l'agence a commencé à compiler ces données en mars 2011.

Le document mentionne par ailleurs qu'il existe effectivement une adéquation en matière de compétences, particulièrement chez les jeunes; ceux-ci seraient souvent surqualifiés pour occuper les postes qu'ils réussissent à décrocher.

Point positif pour le gouvernement, son controversé programme destiné aux travailleurs étrangers temporaires aurait permis de réduire le taux de vacance dans plusieurs entreprises.

En somme, le rapport du Directeur parlementaire du budget démontre que le marché du travail au Canada se situe sous la tendance pour la plupart des indicateurs, dont le nombre d'heures travaillées, le taux de chômage et la participation au marché du travail.

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