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Une femme enceinte et un membre de la garde nationale abattus au Venezuela

24/03/2014 02:07 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

CARACAS, Venezuela - Une femme enceinte a été abattue d'une balle dans la tête en marge d'une manifestation en périphérie de la capitale du Venezuela, tandis qu'un membre de la garde nationale a été tué par balle alors qu'il tentait de dégager une route envahie par les manifestants, ont annoncé les autorités lundi.

Il s'agit des plus récentes victimes des violences qui assombrissent les manifestations antigouvernementales au Venezuela depuis cinq semaines.

Le président du Congrès vénézuélien a par ailleurs annoncé qu'une influente élue de l'opposition avait été expulsée de la législature et pourrait être poursuivie pour avoir supposément fomenté des violences dans le cadre des manifestations, puisqu'elle ne bénéficie plus de l'immunité parlementaire.

La femme tuée, Adriana Urquiola, 28 ans, est morte dimanche soir à Guaicaipuro, près de Caracas, a déclaré le maire de la municipalité.

Enceinte de cinq mois, Mme Urquiola a été atteinte d'une balle à la tête après avoir quitté un autobus coincé dans la circulation à cause d'une barricade érigée par des manifestants antigouvernementaux. Elle avait commencé à marcher en direction de la barricade, mais il ne semble pas qu'elle participait à la manifestation. On ne sait pas qui est à l'origine des tirs.

Le membre de la garde nationale, le sergent Miguel Antonio Parra, a rendu l'âme lundi lors d'une manifestation à Merida, a indiqué le maire de cette localité du sud-ouest du pays, Carlos Garcia.

Selon M. Garcia, qui est partisan de l'opposition, le sergent a été abattu alors qu'il tentait, avec deux collègues, de dégager une route où se trouvaient des manifestants.

En comptant les plus récentes victimes, les violences au Venezuela ont fait au moins 33 morts en cinq semaines.

Les retombées politiques du mouvement de protestation ont continué de s'accumuler lundi.

Le président du Congrès vénézuélien, Diosado Cabello, a annoncé que la députée de l'opposition Maria Corina Machado avait violé la Constitution en s'adressant à l'Organisation des États américains la semaine dernière à l'invitation du Panama, qui lui a cédé son siège afin qu'elle livre son compte rendu des troubles aux diplomates de la région.

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, avait référé à Mme Machado en tant qu'«ex-membre du Congrès», samedi, quelques jours après l'arrestation de deux maires de l'opposition accusés d'avoir conspiré avec les États-Unis pour renverser son gouvernement.

Mme Machado a répondu lundi par un message sur Twitter. «Atterrissage à Lima. M. Cabello: je SUIS membre du Congrès tant que le peuple du Venezuela le voudra», a-t-elle écrit.

Le président a par ailleurs lancé, lundi, un nouveau marché des devises permettant aux Vénézuéliens d'acheter et de vendre des dollars légalement, pour la première fois depuis 2010.

Le chef de l'opposition, le gouverneur Henrique Capriles, a toutefois affirmé que le nouveau système, appelé Sicad 2, équivalait à une dévaluation de la monnaie vénézuélienne qui avalera les économies des familles pauvres.

Le gouvernement compte sur ce nouveau système de change pour alléger la pression sur le marché noir vers lequel les Vénézuéliens se tournent quand ils ne peuvent pas acheter des monnaies étrangères du gouvernement au taux officiel.

Les réserves de dollars de l'État s'amenuisent alors que la production pétrolière décline, tandis que le déficit actif reste très élevé.

Cette situation a provoqué des retards de paiements aux transporteurs aériens et constructeurs automobiles étrangers, exacerbant la pénurie de biens importés.

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