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Ukraine: Obama appelle Xi à l'aider au nom de la cohérence

24/03/2014 01:13 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

Barack Obama a appelé lundi son homologue chinois Xi Jinping à l'aider dans le dossier ukrainien, au nom de la cohérence avec ses principes de défense de la souveraineté des pays, selon un responsable américain.

MM. Obama et Xi se sont rencontrés lundi à La Haye, en marge d'un sommet sur la sécurité nucléaire et d'une réunion du G7 consacrée à la situation en Ukraine après l'absorption de la Crimée par la Russie.

"Ce que le président a dit est que la Chine a toujours considéré la souveraineté et l'intégrité territoriale comme le noyau de sa politique étrangère et de sa sécurité nationale, et que ces principes devaient être appliqués à l'Ukraine", a déclaré Ben Rhodes, conseiller adjoint de sécurité nationale de M. Obama.

"Les intérêts de la Chine devraient la conduire à oeuvrer avec nous à faire baisser la tension (dans le dossier ukrainien) d'une façon qui respecte la souveraineté et l'intégrité territoriale" du pays, a ajouté M. Rhodes, rendant compte de la réunion lors d'un point de presse.

Auparavant, en retrouvant M. Xi à la résidence de l'ambassadeur des États-Unis aux Pays-Bas, M. Obama s'était dit persuadé qu'"en oeuvrant ensemble, la Chine et les États-Unis peuvent aider à renforcer le droit international, le respect pour sa souveraineté des pays, et établir le genre de règles au niveau international qui permettent à tous les gens de prospérer".

Depuis l'intervention militaire russe en Ukraine, la Chine est apparue embarrassée, tiraillée entre son soutien habituel à Moscou et sa défense traditionnelle de la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays. Elle s'est abstenue à l'ONU lors du vote le 15 mars d'une résolution occidentale dénonçant le référendum en Crimée.

- "Frictions" -

M. Xi n'a pas mentionné l'Ukraine, se contentant de répéter que la Chine était "engagée à bâtir un nouveau modèle de relations entre grands pays" avec les États-Unis, expression consacrée depuis un sommet informel entre MM. Obama et Xi en juin 2013.

Plus tôt lundi, M. Obama avait assuré que les États-Unis et l'Europe étaient "unis" pour imposer un "coût" à la Russie. Mais M. Rhodes a reconnu que Pékin ne suivrait pas Washington sur cette voie.

Face à M. Xi, M. Obama a noté que les relations entre Washington et Pékin fonctionnaient malgré des "frictions qui existent", mentionnant "des dossiers comme les droits de l'homme, les questions maritimes en mer de Chine méridionale et dans le Pacifique".

Les questions de cybersécurité, et les plaintes de Washington d'être la cible d'attaques informatiques chinoises, ont marqué les relations bilatérales ces dernières années, mais cette fois, c'est la Chine qui a trouvé matière à protester avec des révélations sur des intrusions américaines dans les réseaux du groupe Huawei.

Selon le New York Times (NYT) et le Spiegel, la NSA aurait accédé durant des années aux archives des courriels de Huawei, à des documents internes de communication entre des dirigeants, ainsi qu'aux codes secrets de produits de l'entreprise.

Les articles des deux médias étaient basés sur des documents fournis par l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden.

M. Rhodes a reconnu que M. Xi avait évoqué le sujet lundi. "Ce que le président Obama lui a répondu, très clairement, c'est que les États-Unis n'espionnent pas pour s'assurer un avantage économique, nous ne partageons pas des renseignements avec nos entreprises", a affirmé le conseiller américain.

"Il y a une différence claire et nette, de notre point de vue, entre des activités de renseignement qui ont un objectif de sécurité nationale et des activités de renseignement qui ont des objectifs commerciaux", a-t-il expliqué.

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