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Plus de 500 partisans de Morsi condamnés à mort par un tribunal égyptien

24/03/2014 10:39 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Un tribunal égyptien a condamné à mort, lundi, 529 partisans du président islamiste déchu Mohammed Morsi, en lien avec une attaque contre un commissariat de police qui avait coûté la vie à un policier.

La sentence a été prononcée après seulement deux audiences, au terme d'un procès qui a provoqué la fureur des groupes de défense des droits de la personne.

Les verdicts seront probablement renversés en appel, ont prévenu des avocats. Ils estiment que la rapidité et la sévérité du processus à une aussi large échelle montrent que la justice égyptienne a été politisée, et que l'application régulière de la loi a été balayée sous le tapis pour écraser le mouvement des Frères musulmans, dont est issu M. Morsi.

Amnistie internationale a affirmé qu'il s'agissait de la plus importante condamnation à mort d'un aussi grand nombre de personnes dans le monde au cours des dernières années.

Le ministère égyptien des Affaires étrangères s'est défendu en affirmant, dans un communiqué, que le système judiciaire du pays «est entièrement indépendant et n'est pas influencé d'aucune façon par la branche exécutive du gouvernement».

Les autorités égyptiennes ont organisé plusieurs procès collectifs de partisans allégués de Mohammed Morsi, des procédures qui impliquent de quelques dizaines à plusieurs centaines d'accusés à la fois. Le verdict de lundi dans un tribunal de Minya, au sud du Caire, est le premier rendu dans le cadre de ces procès de masse.

Lors de la première audience, samedi, le juge avait furieusement rejeté les demandes des avocats de la défense qui réclamaient plus de temps pour examiner les preuves.

Puis, lors de l'audience de lundi, les forces de l'ordre ont empêché ces mêmes avocats d'entrer dans la salle, sous l'ordre du juge, a révélé le chef de la police provinciale.

«Nous n'avons pas eu la chance de prononcer un mot ou de consulter les quelque 3000 pages d'enquête pour voir les preuves dont ils parlent», a déclaré Khaled el-Koumi, un avocat qui représente dix des accusés.

Seulement 150 prévenus étaient présents lors du procès, et les autres ont été jugés par contumace. Seize accusés ont été acquittés.

Selon un haut responsable de la sécurité au tribunal, les accusés ont crié «Boucher!» au juge quand leur condamnation à mort a été annoncée.

Les 545 prévenus étaient accusés de meurtre, de tentative de meurtre, de participation à un groupe illégal visant à renverser le gouvernement et du vol d'armes gouvernementales, en lien avec l'attaque d'un commissariat de police en août dans la ville de Matay, dans la province de Minya. Un policier avait été tué dans l'incident.

Ces violences étaient survenues dans le cadre des émeutes à travers le pays ayant suivi l'assaut par les forces de sécurité de deux camps de manifestants pro-Morsi au Caire, qui avait fait plus de 600 morts, le 14 août.

Après l'annonce du verdict, des proches des condamnés ont manifesté devant le tribunal en scandant «À bas le régime militaire!». La police a arrêté trois personnes.

Craignant des représailles des partisans des Frères musulmans, les forces de sécurité ont été placées en état d'alerte dans toute la province de Minya.

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