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Mondial-2014 - Jairzinho: "On manque de cracks dans le foot brésilien"

24/03/2014 07:02 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

Le foot brésilien "manque de cracks" mais reste bien placé pour le Mondial-2014 organisé à domicile, estime en exclusivité pour l'AFP Jairzinho, titré en 1970 et unique joueur à avoir marqué à chacun des matches de son équipe dans une Coupe du monde.

Q: Quand le Mondial-1970 vous revient-il en tête ?

R: "J'ai des souvenirs qui reviennent à chaque fois que je vois ces gamins (sur le terrain de son école de foot dans une favela de Rio, ndlr) se chercher une place au soleil. Je suis quelqu'un d'épanoui parce que j'ai accompli mon devoir, avec beaucoup de succès. Beaucoup m'ont considéré comme le meilleur joueur de cette Coupe du monde. Je suis dans l'histoire: je suis le seul à avoir marqué dans tous les matches d'un Mondial, sept buts en six matches. Une grande réussite pour moi, en tant que joueur et en tant qu'homme".

Q: Pensez-vous conserver ce record ?

R: "Ca va dépendre de Messi, de Neymar, de Ronaldo et des autres buteurs. Si quelqu'un réussit à marquer à chaque match, il est presque sûr d'emmener son équipe jusqu'en finale".

Q: Quel but de 1970 sortez-vous du lot ?

R: "Tous les buts ont été importants, tous ont contribué à faire du Brésil le champion et ont à chaque fois découragé l'adversaire".

Q: Il y a cette fameuse photo où Pelé lève le poing dans vos bras, vous de dos avec le numéro 7...

R: "Ce but de Pelé (en finale, ndlr) a contribué au succès, pour que le Brésil gagne définitivement la Coupe Jules-Rimet. Je l'ai accompagné dans cette posture, qui est historique, inédite, qui est restée dans ma mémoire et a eu une visibilité mondiale".

Q: Quelle était votre relation avec Pelé, et aujourd'hui ?

Q: "Nous sommes tous les deux brésiliens (rires) ! On se parlait lors des matches entre Santos et Botafogo, et surtout en sélection, où on a joué longtemps ensemble. J'ai disputé deux Coupes du monde (1966 et 1970) avec Pelé, nous avions une belle relation, que nous conservons encore aujourd'hui. On se voit quand il vient à Rio et quand je vais à Sao Paulo ou Santos. Cette amitié est restée".

Q: Etes-vous d'accord avec les critiques de Romario et Rivaldo sur l'organisation du Mondial ?

R: "Je ne sais pas ce qu'ils ont dit... Mais le moment est venu de soutenir, pas d'essayer de détruire".

Q: Le Brésil a une bonne équipe mais pas de beau jeu, selon Zico...

R: "Zico a son opinion, mais je ne peux pas être d'accord avec lui (rires). Je peux seulement dire qu'on manque de cracks dans le foot brésilien. En 1970, on avait pratiquement onze cracks sur le terrain, on était la seule équipe au monde à avoir cinq N.10 qui jouaient ensemble. Ca n'arrivera plus jamais nulle part. Le football a beaucoup changé, on jouait plus offensif auparavant".

Q: Quels sont vos favoris ?

R: "Le Brésil en premier lieu. Le climat, la nourriture et l'ambiance sont les nôtres. La force des supporters est très importante pour le moral d'un groupe, on l'a vu à la Coupe des Confédérations. Autre sélection également très forte: l'Argentine. En Europe, je vois l'Allemagne, l'Italie pour sa tradition, et l'Espagne tenante du titre. Ces équipes vont lutter pour le titre qui donne une possibilité de grande promotion, parce qu'elles vont jouer dans le pays du foot. Comme en 1950, celui qui gagnera ici aura une fierté extraordinaire qui restera à vie. Le Brésil a gagné en Suède, au Chili, en Corée etc., mais ça n'a pas autant de répercussion que si l'Argentine, l'Allemagne, l'Espagne ou l'Italie gagne ici".

Q: Et la France ?

R: "La France, la Belgique et le Portugal peuvent y arriver, pourquoi pas, ça dépend d'eux. Mais dans l'histoire, il y a des sélections qui sont toujours là".

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